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Programme 2022 – 2023 : Histoire de la Métapsychique au XIX – XXe

Programme 2022 – 2023 : Histoire de la Métapsychique au XIX – XXe

 

Histoire de la Métapsychique au XIX – XXe

Année 2022 – 2023

 

Vous voulez en savoir plus sur l’histoire de l’Institut Métapsychique International et des fondements de la recherche psychique du XXe ? Découvrez ses acteurs, sa méthode expérimentale et ses objets d’étude à travers un parcours introductif de 5 séances. Après une présentation générale de 45 minutes, nous vous inviterons à débattre de la conférence du jour.

Conférences en distanciel. Première séance gratuite.

Lien Zoom envoyé la veille de la séance.

Horaire : Vendredi soir de 19h00 à 20h30.

Inscription : metapsychique@gmail.com

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LES DATES

Séance 1 : L’émergence de la science métapsychique sur un plan institutionnel en France et à l’étranger (11 novembre).

Séance 2 : Le Traité de Métapsychique de Charles Richet (1922) – Pour une première introduction à la science métapsychique.

Séance 3 : Modèle d’une approche théorique et expérimentale en métapsychique – L’étude de la connaissance surnormale par Eugène Osty.

Séance 4 : La télépathie expérimentale en métapsychique – Essais, limites et avenir selon René Warcollier.

Séance 5 : Histoire et rapport entre le spiritisme et la métapsychique – Points de vue des métapsychistes spirites : C. Flammarion, G. Geley, G. Delanne et Sir O. Lodge.

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LE PROGRAMME DETAILLE

Année 2022 – 2023

Séance 1 : L’émergence de la métapsychique sur un plan institutionnel en France et à l’étranger (11/11/2022).

L’émancipation de la psychologie comme science à la moitié du XIXe siècle s’est imposée avec un intérêt croissant pour la « science psychique ». La montée soudaine du spiritisme dans les pays anglo-saxons a interpellé, dans un premier temps, certains comités scientifiques (comme la Société dialectique de Londres en 1867 et le Trinity College de Cambridge en 1875). A l’initiative d’Henri Sidgwick, l’étude scientifique de ces phénomènes inexpliqués prend de l’essor et aboutit à la création de la première Société de Recherches Psychiques en 1882 (SPR). En France vers 1880, les psychologues se penchent sur le développement de la pratique hypnotique dans un cadre exclusivement thérapeutique (Charcot, Binet, Janet, Richet) – bien loin donc de ses racines mesmériennes aux frontières des expériences exceptionnelles. L’émergence des Sociétés de psychologie sur un plan institutionnel va permettre, comme dans les pays anglophones, l’étude savante des recherches psychiques. Sa percée académique s’est néanmoins révélée chaotique : d’abord intégrée en 1885 dans la Société de Psychologie physiologique (qui avait pour intention, selon les dires de Richet, « l’étude des phénomènes psychiques ») avant sa disparition en 1890, elle gagnera une place dominante en 1900 par la création de l’Institut Psychique International (renommé deux mois plus tard « Institut Psychologique International » à la demande pressante de certains psychologues, comme Pierre Janet, qui appelaient à la séparation des faits strictement pathologiques et des faits psychiques). En 1902, l’Institut est réorganisé en 4 branches – dont une est exclusivement consacrée « aux recherches psychiques ». En 1905, un comité est créé et présidé par Jules Courtier en vue de réaliser un rapport sur les phénomènes provoqués par Eusapia Palladino. L’étude se poursuivie jusqu’en 1908 et connu progressivement un déclin durant la Première guerre mondiale jusqu’à sa renaissance triomphante en 1919 (date de création de l’Institut Métapsychique International).

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Séance 2 : Le Traité de Métapsychique de Charles Richet (1922)

Pour une première introduction à la science métapsychique.

Véritable pionnier de la recherche psychique en France, Charles Richet fut un homme engagé en faveur de la reconnaissance scientifique de la métapsychique. De ses études sur le somnambulisme provoqué réalisées de 1875 à 1884, il abandonne la chirurgie pour se consacrer à la physiologie. La confiance en cette dernière était telle que Richet a maintenu une étude physiologique des faits métapsychiques jusqu’en 1935. D’abord matérialiste dans sa conception du rapport entre le cerveau et la pensée (Essai de psychologie générale), l’invitation d’Aksakoff en 1884 à une séance avec la médium Eusapia Palladino marqua un tournant dans la carrière intellectuelle du médecin. Après la disparition de la Société de psychologie physiologique en 1890 dont il était secrétaire, Richet fonde l’année suivante avec Dariex les Annales des Sciences Psychiques. Les recherches psychiques se développent progressivement grâce à l’adhésion de chercheurs reconnus issus de disciplines très diverses (C. Flammarion, J. Maxwell, W. Crookes, M. Mangin…). En 1905, il propose le terme fondateur de « métapsychique » – sur le modèle aristotélicien du mot métaphysique, ce qui est au-delà du psychique – et organise régulièrement le fameux « dîner des treize » afin de réunir les intellectuels honnêtes et engagés dans cette nouvelle science psychologique. C. Richet, contrairement à E. Osty ou G. Geley, a maintenu sa position sur le terrain des faits et est resté éloigné de toute entreprise théorique. C’est dans cette voie qu’il publia en 1922 son Traité de Métapsychique. Cette séance sera l’occasion de découvrir les études de la recherche psychique et les deux grandes branches qui la constituent (la métapsychique subjective et la métapsychique objective).

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Séance 3 : Modèle d’une approche théorique et expérimentale en métapsychique

L’étude de la connaissance surnormale par Eugène Osty.

L’intérêt d’Eugène Osty pour les faits métapsychiques fut marqué par la rencontre d’une chiromancienne particulièrement douée dans sa faculté dite de « clairvoyance ». De cette observation curieuse, il témoigna que « son esprit ne connut plus de repos » et qu’il ne pouvait se résoudre à ignorer ces faits qui dépassaient le cadre classique de la science officielle dans laquelle il exerçait (Osty étant médecin de formation). Il entreprit des études expérimentales sur le phénomène de « lucidité » ou « cryptesthésie » selon la terminologie de Richet. Il observa que certains sujets exceptionnels, appelés « métagnomes » dans le langage métapsychiste, rendaient compte d’une faculté de connaissance qui ne faisait pas usage des sens actuellement connus par la physiologie. Par une semblable « connexion interpsychique subconsciente », ces personnalités parvenaient à transmettre des informations de vie (évènements passés, présents ou futurs, état de santé, tempérament…) de personnes qu’elles n’avaient auparavant jamais rencontrées. Contrairement aux apparences, nul caractère mystique ou surnaturel n’émanaient de ces femmes de « bonne aventure ». Les fameuses « boules de cristal » ou « cartes de voyance » se sont révélés être des puissants stimulants psychiques. Pour Eugène Osty, le constat est clair : les sujets lucides manifestent une voie de connaissance subconsciente (ou surnormale selon ses termes) méconnue jusqu’alors par la science psychologique. Par sa formation, ce chercheur psychiste restera fidèle aux cadres et critères scientifiques. Il œuvra dans cette voie à la séparation nette de la science psychique avec ses origines spirites. Par sa rigueur et son exigence, ses travaux se présentent aujourd’hui encore comme un véritable modèle pour la science métapsychique expérimentale.

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Séance 4 : L’étude de la télépathie en métapsychique

Essais, limites et avenir selon René Warcollier.

La télépathie est un terme forgé par Frederic W. H. Myers qui signifie sur un plan étymologique, « l’action de sentir ou de percevoir au loin ». Les manifestations télépathiques, également appelées « hallucinations véridiques » selon l’ouvrage fondateur de la Society for Psychical ResearchPhantasms of the Living, témoignent de formes très diverses dans leurs apparitions spontanées. Souvent rencontrés lors de situations tragiques et donc à forte charge émotionnelle, ces phénomènes psychiques débordent nos conceptions classiques d’espace et de temps. Plus remarquable encore, la télépathie se révèle être une expérience profondément commune voire banale tant ses manifestations abondent dans la vie ordinaire. Si ce phénomène est le fait « le moins récusé par le monde scientifique » (selon les dires des chercheurs psychiques français et anglophones), il se présente néanmoins particulièrement réfractaire dans le champ expérimental. Son essence spontanée et affective se heurte au cadre fixe et limité des études en laboratoire. Si Eugène Osty appelait à renoncer aux recherches courantes en sciences psychiques (jeux de cartes, boules de loto etc.) au profit de sujets lucides excellant dans la communication interpsychique, les études systématiques de René Warcollier se révèlent néanmoins pionnières en métapsychique. S’il confesse en 1926 (soit cinq ans après son livre majeur : La Télépathie) que nous ne possédons toujours pas « de démonstrations expérimentales de la télépathie », nombre de ses essais ont néanmoins donné des résultats probants et ses recherches critiques du fait télépathique sont également convaincantes. Cette séance sera l’occasion de découvrir ses travaux en métapsychique ainsi que de discuter des limites et de l’avenir de la télépathie dans le champ expérimental.

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Séance 5 : Histoire et rapports entre le spiritisme et la métapsychique

Points de vue des métapsychistes spirites : C. Flammarion, G. Geley, G. Delanne et Sir O. Lodge.

La ligne de démarcation entre spiritisme et métapsychique se révèle extrêmement fine, si bien que les desseins de la recherche psychique sont souvent confondus avec ceux d’une pseudo-science nourrie d’un émerveillement crédule. En cause : leurs objets d’étude en commun. Les métapsychistes s’intéressent en effet à ces phénomènes placés en dehors du cadre officiel de la science et considérés actuellement comme « inexpliqués ». Face aux caractères surnaturels des manifestations, l’interprétation première fut celle d’une communication avec un « autre monde » alors peuplé d’esprits désincarnés. La doctrine spirite d’Allan Kardec grandit et se constitua comme un dogme dans la croyance populaire. A contrario, les chercheurs psychistes prennent position contre une lecture affective des phénomènes paranormaux au profit d’un esprit métapsychique qui prend racine dans les protocoles scientifiques admis (collecte de faits, observations, expérimentations, critères d’objectivité…). L’explication théorique de ces phénomènes renforce une forte divergence entre les deux « camps » : tandis que les spirites avancent l’hypothèse de la survivance de l’âme comme un fait acquis par les manifestations, les métapsychistes restent prudents et privilégient une lecture psychologique du subconscient. Cette position n’est néanmoins pas partagée par tous les chercheurs psychistes : certains savants comme Camille Flammarion, Gabriel Delanne ou Sir Oliver Lodge soutiennent une lecture « spirite » de ces manifestations puisqu’ils concluent à la réalité de la survivance humaine. Si cette hypothèse n’est pas niée par les métapsychistes « positifs » comme Charles Richet ou Eugène Osty, elle est néanmoins jugée encore trop fragile sur un plan scientifique. Cette séance sera l’occasion de dessiner les interactions et les limites qu’entretiennent le spiritisme et la métapsychique afin de mieux cerner les intentions scientistes de la recherche psychique.

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PRESENTATION DE LA CONFERENCIERE

Anaïs Bensahra est diplômée de philosophie. Ses recherches universitaires ont porté sur le rapport du spiritualisme d’Henri Bergson avec la métapsychique du XIXe. Actuellement en préparation pour obtenir l’agrégation de philosophie, elle est également journaliste freelance pour Vertical Project. Secrétaire et animatrice des cafés métapsychiques à l’IMI, elle œuvre à la connaissance de la science psychique par le biais d’activités et d’interventions publiques.

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