Home
Bertrand Méheust sur Canal Académie

Bertrand Méheust sur Canal Académie

meheust2.jpgBertrand Méheust, philosophe membre de l’IMI, a pris part en mars 2012 au colloque organisé par l’Association “Être humain”, avec le concours de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, sur les “états modifiés de conscience et l’approche rationnelle de l’étrange”.

Palais_de_l_institut_de_France.jpgIl est également intervenu lors de la 2e partie du colloque le 21 mai à Paris, au Palais de l’Institut de France. Son exposé portera sur “Les états modifiés de conscience et les phénomènes paranormaux dans l’histoire : le regard de la métapsychique”.

Ecoutez l’émission

« Quelques instants avant de commencer à développer mon propos, je vais vous dire comment je suis venu à m’intéresser à ces questions, compte tenu de leur nature. Je faisais de la philosophie mais j’ai fait une thèse de sociologie qui avait pour centre un conflit dans la pensée qui a opposé pendant un siècle l’Académie de Médecine et l’Académie des Sciences : le mesmérisme.
J’ai étudié ce conflit sous tous les angles, et il m’est apparu que l’on ne pouvait pas faire une étude sérieuse de celui-ci en se lavant les mains de ce qui était en son cœur : les questions des pouvoirs dits « magnétiques ». J’ai été amené à faire l’hypothèse que ces pouvoirs pouvaient être réels, au moins dans certains cas, sinon la question était vidée d’avance. De fil en aiguille, je me suis plongé dans ce sujet, et j’ai tenté de me faire l’historien de la « métapsychique ».
Aujourd’hui je vais attaquer la question en tentant d’articuler deux approches qui habituellement sont présentées de façon disjointes, mais qui prennent une dimension nouvelle lorsqu’on les met en rapport : les phénomènes liés à la conscience modifiée et les phénomènes dits « paranormaux ». Par « paranormal », il est bien évident que cette notion est relative à nos connaissances. Personnellement concernant les pouvoirs cognitifs je préfère employer le mot « métagnomie ».
Ces deux phénomènes sont donc liés parce que la production des premiers semble bien souvent la condition de la production des seconds : c’est-à-dire que les phénomènes dits paranormaux se manifestent très souvent à la faveur d’états de conscience spéciaux, de transe, qui peuvent eux même être provoqués, suscités et canalisés. : quelque soit la nature ultime de la conscience d’une part, et des phénomènes dits paranormaux d’autre part, il est essentiel de savoir qu’il y a une liaison. Il semble que ces phénomènes paranormaux se produisent beaucoup plus facilement lorsqu’il y a une modification du régime de la conscience.
La signification de cette corrélation n’est pas encore comprise en profondeur, mais c’est un point central de la discussion.
Ce n’est pas une découverte nouvelle, les hommes de l’Antiquité le savaient à leur manière. C’est pourquoi ils ont mis en place des « dispositifs » pour capter et canaliser ces états de conscience producteurs de phénomènes « métacognitifs », c’est le rôle de l’institution divinatoire dans les nombreuses cultures qui l’ont développé, notamment en Grèce.

Attention, le fait que les états modifiés de conscience et les phénomènes paranormaux soient liés, n’impliquent nullement qu’il faille les confondre. Pour les parapsychologues contemporains, l’étude des états modifiés de conscience constitue une branche de la psychologie et ne relève pas de la réalité paranormale stricto sensu. Aux yeux des psychologues, il ne faut pas confondre ces états de conscience avec les phénomènes dont ils suscitent ou facilitent la production. Par exemple, lorsque le voyant Alexis Didier, un des grands voyants dits « magnétiques » du XIXe siècle, se porte en état de transe sur une cible et en ramène des informations vérifiables dans des conditions contrôlées, il doit au préalable passer par un état de conscience particulier, appelé à l’époque « sommeil magnétique ». Pour les parapsychologues, ce n’est pas l’état de transe qui est qualifié de paranormal, mais la faculté « métacognitive » qui s’y déploie.
Autrement dit nous avons deux dimensions, l’une dans l’autre, en même temps rejetées par la rationalité occidentale, mais pas au même niveau. […] »

Pour connaître la suite des propos de Bertrand Meheust, écoutez la totalité de l’intervention retransmise dans cette émission.

A noter que le chercheur Jean-Pierre Jourdan est également intervenu sur “Les états de mort imminente” (Ecoutez son intervention ici).