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William James et la métapsychique

William James et la métapsychique

William James a été activement mêlé à la recherche psychique, et cette dernière a été pour lui un moment très important dans la maturation de sa pensée.


Le philosophe américain fut l’homme des curiosités multiples; il explorait simultanément plusieurs voies sans trop se soucier de leur donner une cohérence artificielle et prématurée et c’est avec la métapsychiqueLe mot métapsychique fut suggéré pour la première fois par M.W. Lutoslawski dans un écrit polonais : Wyklady Jagiellonskie, à Cracovie en 1902, pour désigner des notions assez différentes de celles de Charles Richet. En effet, lorsque celui-ci, dans son adresse présidentielle à la Society for Psychical Research, en 1905, présenta ce mot, il fut, dit-il, unanimement accepté. Qu’entendait-il par métapsychique ? De même qu’Aristote avait intitulé son chapitre sur les grandes lois de la nature qui dépassent les choses physiques : meta ta fusica, métaphysique, de même il nomma métapsychique la science qui, dépassant les choses de la psychologie classique, étudie des faits qui "paraissent dus à des forces intelligentes inconnues", humaines ou non humaines, "en comprenant dans ces intelligences inconnues les étonnants phénomènes intellectuels de nos inconsciences". Bref, la métapsychique est, dit-il : "La seule science qui etudie des forces intelligentes". D’où résulte logiquement sa distinction entre la métapsychique objective qui "mentionne, classe, analyse certains phénomènes extérieurs perceptibles à nos sens, mécaniques, physiques ou chimiques, qui ne relèvent pas des forces actuellement connues et qui paraissent avoir un caractère intelligent", et la métapsychique subjective qui étudie des phénomènes psychiques non matériels tels que la lucidité, cette mystérieuse faculté de connaissance qu’il attribue à une sensibilité dont la nature nous échappe et qu’il propose d’appeler cryptesthésie. Ces deux aspects, objectif qui étudie des forces et subjectif qui étudie des phénomènes psychiques, se retrouvent dans la définition générale que Charles Richet donne de la métapsychique : "La science qui a pour objet des phénomènes, mécaniques ou psychologiques, dus à des forces qui semblent intelligentes ou à des puissances inconnues latentes dans l’intelligence humaine ". Aujourd'hui le terme de métapsychique est a peu près synonyme de celui de parapsychologie. que ces voies se sont recoupées, et que l’oeuvre a cristallisé.

Psychologue, il est parvenu à la conviction, à travers ses propres travaux, que la conscience possède des dimensions qui excèdent notre expérience banale. Métaphysicien, il a construit une théorie de la vérité qui fait de cette dernière un outil pour accroître notre pouvoir sur le réel. Philosophe engagé dans une polémique contre Hegel, il en est venu à privilégier la singularité. Epistémologue, il affirme la primauté de l’expérience sur la théorie. Or ses recherches psychiques se trouvent au confluent de ces thèmes.

James s’en est lui-même expliqué dans une conférence donnée à la S.P.R. anglaise le 31 janvier 1894, à propos des expériences qu’il a menées avec Eleonor Piper, la célèbre médiumIndividu qui semble produire des phénomènes psi de façon particulièrement intense ou fiable. Le terme "médium" provient à l'origine de la doctrine du spiritisme, qui affirme que le médium est un intermédiaire avec les esprits des défunts. En parapsychologie, on préfère utiliser le terme de sujet psi (en anglais : Psychic). américaine . Etudier un médiumIndividu qui semble produire des phénomènes psi de façon particulièrement intense ou fiable. Le terme "médium" provient à l'origine de la doctrine du spiritisme, qui affirme que le médium est un intermédiaire avec les esprits des défunts. En parapsychologie, on préfère utiliser le terme de sujet psi (en anglais : Psychic). de cette trempe, c’est entrevoir une réalité psychique qui déborde notre conscience banale. C’est faire prévaloir les faits, aussi étranges soient-ils, sur les affirmations classiques d’impossibilité. C’est faire prévaloir la singularité individuelle sur les régularités de la nature. C’est encore proclamer que la théorie du subliminal proposée par Myers, aussi étrange soit-elle pour le sens commun occidental, doit être préférée aux modèles scientistes, si elle colle mieux aux faits, à la manière d’un costume taillé sur mesure, et si elle permet ainsi une meilleure emprise sur ce « canton de la nature ». Enfin, tenir pour réels les faits présentés par Eleonor Piper, c’est s’interroger sur la possibilité d’une survie possible, où du moins replacer la conscience humaine dans « une conscience-mère » qui l’enveloppe comme un cristal; en bref, c’est redonner à l’existence des enjeux dramatiques que le scientisme avait évacués. Ce dernier point est important car selon James, l’efficacité d’une théorie est loin de se limiter à la sphère concrète. En résumé les études psychiques sont pour James une mise à l’épreuve décisive des thèses pragmatistes.

Que James ait eu raison ou tort de confier cette importance à la métapsychiqueLe mot métapsychique fut suggéré pour la première fois par M.W. Lutoslawski dans un écrit polonais : Wyklady Jagiellonskie, à Cracovie en 1902, pour désigner des notions assez différentes de celles de Charles Richet. En effet, lorsque celui-ci, dans son adresse présidentielle à la Society for Psychical Research, en 1905, présenta ce mot, il fut, dit-il, unanimement accepté. Qu’entendait-il par métapsychique ? De même qu’Aristote avait intitulé son chapitre sur les grandes lois de la nature qui dépassent les choses physiques : meta ta fusica, métaphysique, de même il nomma métapsychique la science qui, dépassant les choses de la psychologie classique, étudie des faits qui "paraissent dus à des forces intelligentes inconnues", humaines ou non humaines, "en comprenant dans ces intelligences inconnues les étonnants phénomènes intellectuels de nos inconsciences". Bref, la métapsychique est, dit-il : "La seule science qui etudie des forces intelligentes". D’où résulte logiquement sa distinction entre la métapsychique objective qui "mentionne, classe, analyse certains phénomènes extérieurs perceptibles à nos sens, mécaniques, physiques ou chimiques, qui ne relèvent pas des forces actuellement connues et qui paraissent avoir un caractère intelligent", et la métapsychique subjective qui étudie des phénomènes psychiques non matériels tels que la lucidité, cette mystérieuse faculté de connaissance qu’il attribue à une sensibilité dont la nature nous échappe et qu’il propose d’appeler cryptesthésie. Ces deux aspects, objectif qui étudie des forces et subjectif qui étudie des phénomènes psychiques, se retrouvent dans la définition générale que Charles Richet donne de la métapsychique : "La science qui a pour objet des phénomènes, mécaniques ou psychologiques, dus à des forces qui semblent intelligentes ou à des puissances inconnues latentes dans l’intelligence humaine ". Aujourd'hui le terme de métapsychique est a peu près synonyme de celui de parapsychologie., ce n’est pas le lieu d’en décider: il nous suffira de remarquer que tout cet aspect de sa pensée est évacué aujourd’hui et que le nouveau pragmatisme, avec Rorty notamment, est parfois aux antipodes de telles orientations. Rorty, dira-t-on, a nettoyé la pensée de James des mythologies du siècle dernier. Il se peut. Mais si, comme l’affirmait l’auteur du Pragmatisme, la richesse d’une idée se mesure en grande partie à sa capacité de construire l’expérience, à sa vertu dynamique, alors l’engagement métapsychiqueLe mot métapsychique fut suggéré pour la première fois par M.W. Lutoslawski dans un écrit polonais : Wyklady Jagiellonskie, à Cracovie en 1902, pour désigner des notions assez différentes de celles de Charles Richet. En effet, lorsque celui-ci, dans son adresse présidentielle à la Society for Psychical Research, en 1905, présenta ce mot, il fut, dit-il, unanimement accepté. Qu’entendait-il par métapsychique ? De même qu’Aristote avait intitulé son chapitre sur les grandes lois de la nature qui dépassent les choses physiques : meta ta fusica, métaphysique, de même il nomma métapsychique la science qui, dépassant les choses de la psychologie classique, étudie des faits qui "paraissent dus à des forces intelligentes inconnues", humaines ou non humaines, "en comprenant dans ces intelligences inconnues les étonnants phénomènes intellectuels de nos inconsciences". Bref, la métapsychique est, dit-il : "La seule science qui etudie des forces intelligentes". D’où résulte logiquement sa distinction entre la métapsychique objective qui "mentionne, classe, analyse certains phénomènes extérieurs perceptibles à nos sens, mécaniques, physiques ou chimiques, qui ne relèvent pas des forces actuellement connues et qui paraissent avoir un caractère intelligent", et la métapsychique subjective qui étudie des phénomènes psychiques non matériels tels que la lucidité, cette mystérieuse faculté de connaissance qu’il attribue à une sensibilité dont la nature nous échappe et qu’il propose d’appeler cryptesthésie. Ces deux aspects, objectif qui étudie des forces et subjectif qui étudie des phénomènes psychiques, se retrouvent dans la définition générale que Charles Richet donne de la métapsychique : "La science qui a pour objet des phénomènes, mécaniques ou psychologiques, dus à des forces qui semblent intelligentes ou à des puissances inconnues latentes dans l’intelligence humaine ". Aujourd'hui le terme de métapsychique est a peu près synonyme de celui de parapsychologie. de James se révèle autrement plus tonique que le scepticisme avachi de Rorty. Mais il en est de James comme de Bergson: sans doute est-ce là le retraitement que devait subir l’ancien pragmatisme pour pouvoir effectuer un retour en cette fin de siècle désabusée.

Cet article est un extrait du livre de Bertrand Meheust : « 100 mots pour comprendre la voyance« .