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Exposition sur le peintre médium Augustin Lesage

Exposition sur le peintre médium Augustin Lesage

Du 11 juin au 7 septembre 2008 se tient l’exposition

Augustin Lesage et Elmar Trenkwalder, les inspirés

La maison rouge organise pour l’été 2008, une exposition consacrée à la rencontre de deux œuvres : celle du peintre médiumnique Augustin Lesage (1876-1954) et celle du sculpteur autrichien Elmar Trenkwalder (1959-).
Deux œuvres distinctes en nombreux points – que ce soit par leur médiumIndividu qui semble produire des phénomènes psi de façon particulièrement intense ou fiable. Le terme "médium" provient à l'origine de la doctrine du spiritisme, qui affirme que le médium est un intermédiaire avec les esprits des défunts. En parapsychologie, on préfère utiliser le terme de sujet psi (en anglais : Psychic)., leur époque, ou encore la forme d’art à laquelle elles sont rattachées, Art brut et Art contemporain – mais produites par deux personnalités habitées par la croyance en la puissance quasi magique de l’œuvre d’art.
Le peintre Augustin Lesage a fait l’objet d’une étude à l’Institut MétapsychiqueLe mot métapsychique fut suggéré pour la première fois par M.W. Lutoslawski dans un écrit polonais : Wyklady Jagiellonskie, à Cracovie en 1902, pour désigner des notions assez différentes de celles de Charles Richet. En effet, lorsque celui-ci, dans son adresse présidentielle à la Society for Psychical Research, en 1905, présenta ce mot, il fut, dit-il, unanimement accepté. Qu’entendait-il par métapsychique ? De même qu’Aristote avait intitulé son chapitre sur les grandes lois de la nature qui dépassent les choses physiques : meta ta fusica, métaphysique, de même il nomma métapsychique la science qui, dépassant les choses de la psychologie classique, étudie des faits qui "paraissent dus à des forces intelligentes inconnues", humaines ou non humaines, "en comprenant dans ces intelligences inconnues les étonnants phénomènes intellectuels de nos inconsciences". Bref, la métapsychique est, dit-il : "La seule science qui etudie des forces intelligentes". D’où résulte logiquement sa distinction entre la métapsychique objective qui "mentionne, classe, analyse certains phénomènes extérieurs perceptibles à nos sens, mécaniques, physiques ou chimiques, qui ne relèvent pas des forces actuellement connues et qui paraissent avoir un caractère intelligent", et la métapsychique subjective qui étudie des phénomènes psychiques non matériels tels que la lucidité, cette mystérieuse faculté de connaissance qu’il attribue à une sensibilité dont la nature nous échappe et qu’il propose d’appeler cryptesthésie. Ces deux aspects, objectif qui étudie des forces et subjectif qui étudie des phénomènes psychiques, se retrouvent dans la définition générale que Charles Richet donne de la métapsychique : "La science qui a pour objet des phénomènes, mécaniques ou psychologiques, dus à des forces qui semblent intelligentes ou à des puissances inconnues latentes dans l’intelligence humaine ". Aujourd'hui le terme de métapsychique est a peu près synonyme de celui de parapsychologie. International par le Dr Eugène Osty. (Cf. Osty, E., « M. Augustin Lesage, peintre sans avoir appris », Revue MétapsychiqueLe mot métapsychique fut suggéré pour la première fois par M.W. Lutoslawski dans un écrit polonais : Wyklady Jagiellonskie, à Cracovie en 1902, pour désigner des notions assez différentes de celles de Charles Richet. En effet, lorsque celui-ci, dans son adresse présidentielle à la Society for Psychical Research, en 1905, présenta ce mot, il fut, dit-il, unanimement accepté. Qu’entendait-il par métapsychique ? De même qu’Aristote avait intitulé son chapitre sur les grandes lois de la nature qui dépassent les choses physiques : meta ta fusica, métaphysique, de même il nomma métapsychique la science qui, dépassant les choses de la psychologie classique, étudie des faits qui "paraissent dus à des forces intelligentes inconnues", humaines ou non humaines, "en comprenant dans ces intelligences inconnues les étonnants phénomènes intellectuels de nos inconsciences". Bref, la métapsychique est, dit-il : "La seule science qui etudie des forces intelligentes". D’où résulte logiquement sa distinction entre la métapsychique objective qui "mentionne, classe, analyse certains phénomènes extérieurs perceptibles à nos sens, mécaniques, physiques ou chimiques, qui ne relèvent pas des forces actuellement connues et qui paraissent avoir un caractère intelligent", et la métapsychique subjective qui étudie des phénomènes psychiques non matériels tels que la lucidité, cette mystérieuse faculté de connaissance qu’il attribue à une sensibilité dont la nature nous échappe et qu’il propose d’appeler cryptesthésie. Ces deux aspects, objectif qui étudie des forces et subjectif qui étudie des phénomènes psychiques, se retrouvent dans la définition générale que Charles Richet donne de la métapsychique : "La science qui a pour objet des phénomènes, mécaniques ou psychologiques, dus à des forces qui semblent intelligentes ou à des puissances inconnues latentes dans l’intelligence humaine ". Aujourd'hui le terme de métapsychique est a peu près synonyme de celui de parapsychologie. n°1, janvier-février
1928, pp. 1-35).

Augustin_Lesage_-_tableau.jpgInformations pratiques:

L’exposition a lieu à la Maison Rouge
Fondation Antoine de Galbert
10 bd de la Bastille 75012 Paris

Métros : Quai de la Rapée (ligne 5) ou Bastille (lignes 1,5,8)
(mercredi-dimanche 11h-19h, jeudi nocturne jusqu’à 21h)

Tarifs :
Plein tarif : 6,50 € ; Tarif réduit : 4,50 € (13-18 ans, étudiants, maison des artistes, carte senior) ; Accès gratuit : pour les moins de 13 ans, les chômeurs, les accompagnateurs de personnes invalides, les
membres de l’ICOM et les Amis de la maison rouge.

Extrait du dossier de presse

Le projet de l’exposition est né d’une intuition d’Antoine de Galbert, fondateur de la maison rouge.
Acquéreur d’oeuvres des deux artistes1, il a associé leur démarche dans sa collection. Lorsqu’il a proposé
à Elmar Trenkwalder d’exposer son travail aux côtés de peintures de Lesage, celui-ci a accepté, lui
révélant son inclination pour l’oeuvre du peintre médiumnique.
Augustin Lesage, ouvrier mineur à Ferfay dans le Pas-de-Calais, devient peintre à 35 ans après une
révélation dans une galerie de la mine. « C’est en janvier 1912 que de puissants Esprits sont venus se
manifester à moi, en m’ordonnant de dessiner et de peindre, ce que je n’avais jamais fait auparavant.
N’ayant jamais vu un tube de couleurs, jugez de ma surprise, à cette nouvelle révélation : « Mais, dis-je
j’ignore tout de la peinture. – Ne t’inquiète pas de ce détail insignifiant, me fut-il répondu. C’est nous
qui travaillerons avec ta main ». J’ai alors reçu, par écriture, les noms des couleurs et des pinceaux qu’il
me fallait et j’ai commencé à peindre sous l’influence des artistes planétaires, après que j’étais rentré de
la mine, bien exténué de fatigue » (propos rapportés par Augustin Lesage en 1925).
Intégré au milieu spirite qui lui reconnaît les qualités de médiumIndividu qui semble produire des phénomènes psi de façon particulièrement intense ou fiable. Le terme "médium" provient à l'origine de la doctrine du spiritisme, qui affirme que le médium est un intermédiaire avec les esprits des défunts. En parapsychologie, on préfère utiliser le terme de sujet psi (en anglais : Psychic). – « sa capacité à “accueillir“ le message de l’esprit invisible » – il abandonne son activité de mineur en 1923 et se consacre entièrement
à la peinture jusqu’à sa mort.
Augustin Lesage dit et répète que ce n’est pas lui qui commande sa main, ni son regard lorsqu’il peint. Il
explique (notamment dans les propos recueillis par le docteur Osty en 1927) qu’il ne sait jamais à l’avance ce qu’il va peindre, et qu’il exécute ce que lui dictent les esprits de Marie (sa soeur décédée), Léonard de Vinci, Marius de Tyane…
Comme le souligne Hubert Larcher et Michel Thévoz dans le catalogue de l’exposition monographique consacré au peintre en 1989, le spiritisme, qui s’est développé en Europe et aux Etats-Unis vers le milieu du XIXe siècle, notamment dans les régions minières du nord de la France et de la Belgique2, lui offre une explication satisfaisante. Pour Thévoz « Lesage a eu l’astuce inconsciente de faire passer sa vocation picturale par le biaisPrésence de patterns ou de défauts particuliers pouvant introduire une modification arbitraire des résultats et faussant ainsi leur validité (ex : un dé non équilibré ayant tendance à faire sortir souvent le même chiffre). de la médiumnité spirite et de trouver ainsi une brèche dans le barrage
socio-culturel. Fallait-il que la confiscation de l’art par la bourgeoisie fût rédhibitoire pour que la
prétention d’un ouvrier de communiquer avec Léonard de Vinci apparaisse moins insensée que celle de
devenir peintre ! ». Aussi « de même qu’il travaille dans la mine sous la direction de Ferfay-Cauchy, de
même il peint sous la direction des esprits […] et lorsqu’il vend ses tableaux, il les facture au prix exact
des factures et d’un salaire horaire équivalant à celui du houilleur » (Hubert Larcher). « Je suis un ouvrier
à la disposition des esprits », déclare t-il.
Comme le houilleur qui a le souci de ne pas déséquilibrer le front de taille pour prévenir les risques
d’effondrement, le travail est symétrique. Il peint ligne par ligne, de haut en bas, à la manière d’un
miniaturiste mais sur des formats pouvant atteindre 9 m², déroulant la toile si elle est trop grande au
fur et à mesure de l’exécution – procédé qui influe sur la structuration de l’oeuvre en registres horizontaux réguliers. A partir de 1927, il intègre des représentations de visages, d’animaux, de personnages tirés de mythes ou religions orientales, africaines et égyptiennes.
Après quelques expositions locales, il présente ses oeuvres à la Maison des spirites, puis aux Salons des
Beaux-Arts, d’Automne, et des Artistes Français, où il exposera chaque année à partir de 1934. Il
rencontre le romancier Arthur Conan Doyle et de nombreuses personnalités, et reçoit les honneurs de la
presse. Ces années sont aussi celles de voyages et de d’expositions au Maroc, en Algérie, en Egypte, en
Angleterre, en Ecosse, en Suisse, en Belgique. Période faste qui s’interrompt avec la guerre. Lesage cesse
de peindre en 1952. Il s’éteint en 1954 dans sa demeure à Burbure.
L’intérêt d’Elmar Trenkwalder pour l’oeuvre d’Augustin Lesage naît quelques années avant son entrée
aux Beaux-Arts de Vienne, lorsqu’il découvre dans les pages d’une revue une reproduction de la
première toile de Lesage[[Sans titre, 1912-1913, huile sur toile, 300 x 300 cm Collection de l’Art Brut, Lausanne. Du fait de sa fragilité l’oeuvre ne peut être
présentée dans l’exposition.]]. Une image qui le marquera et dont il identifiera l’auteur quinze ans plus tard.

Au-delà de la symétrie, de l’ornementation, de la métamorphose, de l’intégration de l’animé dans
l’inerte, qui sont quelques-uns des traits communs aux constructions architecturales imaginaires des
deux artistes, Lesage et Trenkwalder ont aussi tous deux une propension à manipuler un vocabulaire
emprunté à différentes traditions stylistiques pour produire une oeuvre où prédomine la fonction
symbolique.
L’exposition rassemblera un ensemble de peintures et de dessins d’Augustin Lesage, et six sculptures de
grands formats d’Elmar Trenkwalder – dont deux nouvelles oeuvres produites spécialement pour cette
exposition – accompagnées d’une sélection de dessins.
Le corpus des oeuvres d’Augustin Lesage comptera une trentaine d’oeuvres importantes dans le parcours
de l’artiste, et représentatives de sa démarche : les premiers dessins médiumniques réalisés lors de
séances de spiritisme dans les années 1910, certaines grandes compositions qui marquent sa
consécration dans les années 1920, un choix parmi les oeuvres peuplées par une iconographie
égyptienne, et plusieurs compositions décoratives des années quarante.