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L’approche historique en parapsychologie

L’approche historique en parapsychologie

Ce quatrième blog rappelle l’importance de bien connaître l’histoire de la discipline parapsychologique. L’approche historique permet de retourner aux sources de nombreux discours et de s’inspirer d’une longue tradition d’idées et d’expériences.


Chaque domaine a une longue tradition perpétuée par sa littérature. Avoir une approche historique en parapsychologie, comme dans d’autres domaines, veut dire se familiariser avec des publications anciennes et des développements passés. Pour acquérir cette perspective, le premier pas est d’étudier la littérature qui rend compte et interprète les événements qui ont marqué le domaine (cliquez ici).

L’objectif de ce court article est d’identifier les tendances générales et les problèmes rencontrés dans les anciennes publications de la parapsychologieEtude rationnelle et pluridisciplinaire des faits semblant inexplicables dans l'état actuel de nos connaissances, et mettant en jeu directement le psychisme et son interaction avec l'environnement. C’est en 1889 que l’Allemand Max DESSOIR proposa les termes de parapsychologie pour "caractériser toute une région frontière encore inconnue qui sépare les états psychologiques habituels des états pathologiques", et de paraphysique pour désigner des phénomènes objectifs qui paraissent échapper aux lois de la physique classique. On parle plus spécifiquement de parapsychologie expérimentale pour désigner la parapsychologie dans le cadre du laboratoire., il ne rend pas compte des descriptions des phénomènes, des techniques de recherche, des découvertes d’investigations particulières, ou des théories. Pour obtenir ces informations, le lecteur est encouragé à suivre les ressources et les brèves discussions fournis dans ce lien.

Un étudiant qui débute devrait être mis au courant des différents aspects de cette littérature. Premièrement, les thématiques de recherche actuelles ne sont pas limitées à l’étude d’investigations antérieures sur les phénomènes psychiques. Elles incluent également des constructions théoriques, la méthodologie, l’identité et la formation des chercheurs, le regard historique sur un phénomène (comme les idées sur la télépathieLa télépathie désigne un échange d’informations entre deux personnes n’impliquant aucune interaction sensorielle ou énergétique connue., sur la pratique médiumnique, etc.).

Vous devez être averti qu’il y a au moins deux courants littéraires pertinents dans notre domaine. D’un côté, il y a les historiens professionnels qui ne sont pas concernés par la réalité des phénomènes. Cela veut dire qu’ils ne vont pas chercher à savoir si, dans le passé, une information véridique a été communiquée par un grand médium lors d’une expérience sur les perceptions extrasensorielles, ou si une table a vraiment lévitée lors d’une séance de spiritisme. L’intérêt des historiens est de retracer le développement intellectuel du domaine, en des termes tels que les problèmes de la formation des chercheurs, la compétition entre deux paradigmes rivaux, ou le rôle des phénomènes psychiques dans leur rapport à d’autres idées. D’un autre côté, il y a des personnes qui sont concernées par la question de la réalité des phénomènes, et qui écrivent des livres et des articles avec cela en tête. Ces gens ont tendance à être des historiens occasionnels, ou des parapsychologues intéressés par l’histoire. Certains de ces individus conduisent également des recherches sur les phénomènes parapsychologiques. Chacune de ces approches est utile à l’étudiant en parapsychologie (pour des exemples, cliquez ici).

Etapes, mouvements et idées

Traditionnellement, l’histoire des parapsychologues a été abordée en termes de périodes, étapes ou mouvements. Il y a différentes façons d’organiser l’histoire du champ. En général, nous nous référons à une période initiale (pauvrement et arbitrairement définie) qui s’étend de l’Antiquité au XVIIIème siècle. Pendant cette période, peu d’études systématiques furent conduites mais on recensa beaucoup d’observations de phénomènes inexpliqués tels que des apparitions, des divinations d’évènements futurs, de la radiesthésie, des guérisons, des poltergeists, etc. La première littérature inclut des débats autour de certains de ces phénomènes dans un contexte où se croisent des croyances religieuses, la démonologie et la sorcellerie (pour des exemples cliquez ici et ici). Beaucoup de revues générales ont couvert cette période, dont celle de Brian Inglis dans son livre Naturel et Supernaturel : Une histoire du paranormalLe champ des phénomènes susceptibles de relever de la paranormalité est plus ou moins étendu suivant l'idée même que l'on se fait de ce qui est censé être normal ou pas. Une fois éliminé ce qui relève de l' « anormal » et qui renverrait plutôt au dérèglement, voire au pathologique, il reste un domaine assez vaste de phénomènes ou d'expériences étranges, difficilement explicables, qualifiés bien souvent de paranormaux. Les limites de ce corpus de phénomènes sont destinées à être floues puisqu'elles dépendent étroitement de l'idée qu'à une époque et dans une culture données on se fait du «normal », de l'« explicable» et du «possible ». Prenons un premier exemple, bien connu des historiens des sciences. On a longtemps considéré que les météorites n'existaient pas, puisque des «pierres ne pouvaient pas tomber du ciel ». Pourtant de nombreux témoignages rendaient compte de leur existence, avant que la science classique ne les reconnaisse. Ces « pierres » semblent paranormales pour qui ne dispose pas des concepts adéquats permettant de les accepter en tant qu'objets «dignes de science ». Un deuxième exemple aidera à comprendre le relativisme indispensable dès que l'on tente d'appréhender culturellement la paranormalité. Dans les sociétés traditionnelles africaines, il est très classique de considérer qu'à l'aide de pratiques sorcières un sort ait pu être jeté, faisant ainsi une ou plusieurs victimes. L'idée de l'influence occulte à distance ne pose alors pas problème et fait partie des faits possibles, repérés comme causes envisageables du mal et du malheur. L'action sorcière est donc exclue d'une logique paranormale stricto sensu puisque complètement intégrée dans les croyances populaires. Il est d'ailleurs intéressant de noter que, pour bon nombre de nos contemporains vivant en Europe occidentale, cette conviction est encore très présente. Une fois posé ce nécessaire relativisme, il semble que l'on puisse dégager à notre époque quatre manières dominantes d'aborder le concept de paranormal: « sceptique », «fourre-tout », «parapsychologique» et « holistique ». Pour les sceptiques, le paranormal n'existe pas en tant que tel. Il renvoie à d'autres catégories. Le paranormal n'est qu'apparent. Il peut s'agir en fait d'illusions, de trucages consciemment organisés ou de perceptions inconscientes dont d'éventuels témoins ont été victimes en toute bonne foi. Dans cette optique, des faits inexpliqués peuvent bien être reconnus, surtout s'ils sont reproductibles, mais ils doivent trouver leur place au sein d'interrogations portées logiquement par la science. Les tenants de cette manière d'envisager les choses sont souvent qualifiés de «scientistes», tant ils semblent attachés à une vision du réel correspondant exclusivement aux données les plus classiques et reconnues de la science. Leurs références privilégiées se trouvent du côté d'une épistémologie se définissant comme «cartésienne» ou «rationaliste ». Ce qui n'est pas sans poser question. En effet, en choisissant de délimiter d'une façon plus ou moins arbitraire des objets d'étude considérés comme rationnels et d'autres qui, ne l'étant pas, ne méritent pas que l'on s'y attarde, il n'est pas dit que l'on choisisse le camp de la raison. Le risque encouru est de se débarrasser d'un certain nombre de phénomènes gênants au prix d'une amputation d'un réel que l'on peut supposer toujours plus complexe que l'idée que l'on peut s'en faire. En France, Henri Broch est sans doute le représentant le plus connu de ce courant de pensée s'appuyant sur la « zététique », se voulant « science du doute ». À l'apparent opposé de l'approche précédente, le paranormal est parfois envisagé comme un gigantesque fourre-tout, où tout «mystère» est traité sur un pied d'égalité et dans une logique du « tout existe et tout est ton », sans réflexion épistémolologique sur le niveau de réalité susceptibles d'être mis en jeu suivant les «faits » invoqués. Se côtoient, pêle-mêle, les phénomènes dits paranormaux étudiés par les parapsychologues, la cryptozoologie (étude des animaux rares et mystérieux), l'ufologie et, d'une façon plus large, tout phénomène réputé extraordinaire, inexplicable ou mystérieux: triangle des Bermudes, archéologie sacrée, civilisations disparues, ésotérisme, occultisme, sociétés secrètes, etc. Dans ce cadre, où dominent l'amalgame et l'hétérogénéité, les phénomènes étudiés sont accueillis au milieu d'un ensemble baroque qui pèche indiscutablement par son manque d'unité, du moins vu sous un épistémologique. En revanche, en terme sociologique on pourrrait reconnaître une certaine pertinence de recoupement. En effet, le même statut parascientifique réservé à l'ensemble des phénomènes concernés (puisque dans l'optique scientiste évoquée précédemment « rien n'existe et rien n'est bon »). De plus, des travaux sociologiques ont bien montré la proximité des représentations et croyances que l'adhésion à plusieurs de ces phénomènes implique. Très souvent, le terme « paranormal» est employé de façon plus restrictive pour désigner les phénomènes dits paranormaux étudiés par les parapsychologues, regroupant essentiellement les phénomènes de perception extrasensorielle (ESP : télépathie, clairvoyance, précognition) et les phénomènes de type physique (psychokinèse). L'approche parapsychologique tente d'établir des liens entre les expériences réalisées en laboratoire ayant permis d'asseoir les catégories précédentes et un certain nombre de phénomènes du «paranormal spontané ». La question pertinente pour les chercheurs en parapsychologie consiste à se demander si, devant des faits ou des témoignages non ordinaires, on ne se trouve pas en présence de phénomènes paranormaux observés in vivo. La lévitation n'est-elle pas pas à rattacher à une forme particulière de macropsychokinèse ? Dans la pratique des voyants peut-on repérer des compétences paranormales correspondant à des phénomènes de type ESP? Les parapsychologues restent ouverts mais prudents devant des faits s'éloignant de leurs objets d'études et des interprétations se détachant trop d'une pensée authentiquement rationnelle ce qui les différencie des approches différentes. La dernière manière d'envisager le paranormal peut être considérée comme une variante de la précédente mais s'en différenciant suffisamment pour en être démarquée. Reconnaissant les mêmes phénomènes que les parapsychologues « classiques » mais préocuppés par une théorisation globale et donc à prétention holistique, à défaut d'être définitive, certains chercheurs s'éloignent de l'expérimentation de laboratoire et de la question de la preuve. Ils considèrent cette dernière comme définitivement acquise ou pensent qu'elle n'est pas pertinente épistémologiquement. Ils se tournent alors préférentiellement vers les données tirées de l'expérience subjective pour tenter diverses synthèses à coloration psychologique, philosophique, voire religieuse, suivant les auteurs. Ainsi Philippe Wallon tente de théoriser à travers le concept des «niveaux du mental », un élargissement de l'inconscient associée à des éléments : la philosophie orientale. François Favre privilégie quant à lui le concept d'« intentionnalité» comme moteur de l'émergence du paranormal. D'autres auteurs, à la sensibilité proche du mouvement New Age, n'hésitent pas à associer d'une façon syncrétique plus ou moins rigoureuse des considérations scientifiques (la physique quantique est très souvent convoquée pour la circonstance), philosophiques et spirituelles intégrant des éléments paranormaux. Pour terminer, il paraît utile de tenter de rapprocher le paranormal, concept complexe et polysémique, de certaines catégories théologiques. Le paranormal est trop souvent associé au sumaturel, comme il peut l'être au contraire au diabolique. C'est sans doute à la méconnaissance des travaux parapsychologiques, tout autant dans les milieux ethnologiques, psychanalytiques que théologiques, que l'on doit ce type de confusions et d'amalgames, parfois lourds de fâcheuses conséquences (notamment dans le cadre de certaines prises en charge thérapeutiques, d'accompagnements spirituels ou de pratiques d'exorcismes). Ne serait-il pas plus judicieux de considérer les phénomènes dits paranormaux comme relevant d'un « naturel non ordinaire », voire de la catégorie du «préternaturel»? Il n'est pas question de clore ici un débat qui mérite mieux que la place académique limitée qui lui est aujourd'hui accordée. {Par Paul-Louis Rabeyron (extrait du dictionnaire des miracles et de l'extraordinaire chrétien, rédigé sous la direction de Patrick Sbalchiero, Fayard, 2000)} des temps anciens à 1914. (rev. ed., Dorset: Prism, 1992, chapitres 1-15).

Pendant le XVIIIème siècle, grâce aux efforts de Franz Anton Mesmer (1734-1815), le mesmérisme se développe (pour accéder à des liens en lignes cliquez ici et pour une bibliographie sur l’histoire de Mesmer cliquez ici). Le mouvement était basé sur le concept d’une énergie universelle connectée à travers le corps appelée « magnétisme animal ». On pensait que cette force, contrôlée par un magnétiseur mesmérien, était un véhicule par lequel on pouvait mettre quelqu’un en transe (somnambulisme), le guérir, et dans les cas de clairvoyanceConnaissance d’objets ou d’événements à distance sans l’intermédiaire des sens. à distance, recevoir de l’information, faire un bilan médical, et sentir simultanément les sensations ressenties par le magnétiseur.

Mesmérisme

Le mouvement mesmérien, dans lequel beaucoup de médecins ont été impliqués, a construit un premier contexte dans lequel des phénomènes psychiques furent systématiquement observés et enregistrés. Dans une certaine mesure, cela était rendu possible car la validation des phénomènes psychiques était considérée comme une preuve de la réalité du magnétisme animal et de ses effets. Parmi les pionniers du magnétisme, on trouve: le français Armand-Marie-Jacques de Chastenet, marquis de Puységur (1751-1825), A.A. Tardy de Montravel, Louis Joseph Jules Charpignon (1815-1886), et Baron Jean du Potet de Sennevoy (1796-1881).

Les mouvements mesmériste et spiritualiste se rejoignaient en de nombreux endroits. Par exemple, des versions du concept de magnétisme animal furent utilisées par des individus pour expliquer des phénomènes spirituels. Dans le mouvement mesmérien, on prétendait que les somnambules magnétiques communiquaient avec les morts, comme on peut le voir dans les travaux d’Alphonse Cahagnet (1809-1885). (Pour plus d’informations cliquez ici).

Séance de table tournante

Par ailleurs, certains individus incarnèrent des exemples de phénomènes visionnaire, somnambulique ou de clairvoyance, tels que Emanuel Swedenborg (1688-1772) et Friederike Hauffe (1801-1829), dont on peut voir la photo à droite de ce paragraphe. Friederike Hauffe fut étudié par le physicien et poète Justinus Kerner (1786-1862), et celui-ci en parla dans son livre Die Seherin von Prevorst (La voyante de Prévorst, 1829) (cliquez ici pour la traduction en anglais). De tels cas, ainsi que beaucoup d’autres phénomènes apparentés de temps plus anciens, ont préparé le terrain pour l’apparitionManifestation perceptible de personnes (vivantes ou décédées), animaux, entités ou objets dans un lieu donné, alors que leur présence en ce lieu est impossible physiquement. L'apparition diffère de la simple "vision" dans le sens où elle a une certaine reconnaissance sociale et s'insère dans un contexte culturel précis (religieux, folklorique, spirite, ou autre). de la médiumnité moderne.Friederike Hauffe

Le spiritualisme se développa aux Etats-Unis au milieu du XIXème siècle, lorsque se répandaient un grand nombre de nouvelles idées et de mouvements religieux. Comme d’autres religions, le spiritualisme enseignait que les hommes et les femmes étaient des êtres spirituels qui survivaient après la mort (pour des liens cliquez ici et pour une bibliographie cliquez ici). La caractéristique dominante de ce mouvement était la croyance en un contact possible avec des défunts à travers des phénomènes tels que les apparitions et les poltergeists, et, particulièrement, à travers les médiums. Ceux-ci étaient des individus qui se croyaient capables de mettre en contact les vivants et les morts (cliquez ici).

Johann K.F. Zöllner Comme le mesmérisme, le spiritualisme attira l’attention de beaucoup de gens – scientifiques, écrivains, mais aussi celle du grand public – si bien que l’observation de ces phénomènes était faite par des personnes telles que le juge John W. Edmonds (1816-1874), le politicien Agenor de Gasparin (1810-1871), le chimiste Robert Hare (1781-1858), astronome et physicien (dont la photo apparaît à droite), Johann K. F. Zollner (1834-1882), le naturaliste Alfred Russel Wallace (1823-1913) et le physicien William Crookes (1832-1919). (Pour voir le livre de Zollner, cliquez ici, et les livres de Crookes en cliquant ici).

Comme le mesmérisme, les enquêtes sur les manifestations physiques et mentales, tels que les messages reçus à travers l’écriture automatique et les matérialisations, étaient vitales pour l’expansion de la philosophie spiritualiste, qui à son tour encourageait les enquêtes sur la médiumnité et sur les autres phénomènes. Finalement, cet intérêt mena au développement d’une institution londonienne importante dans le domaine, la Société pour la Recherche Psychique (SPR), une organisation fondée en 1882 et qui est toujours active aujourd’hui (Pour des liens sur la SPR, cliquez ici et pour une bibliographie sur la SPR cliquez ici).

Les études du XIXème siècle conduites par des chercheurs de la SPR se centraient sur les médiums, les apparitions de personnes vivantes et défuntes, et sur la transmission de pensées, appelée plus tard télépathie. Le concept de la télépathie, d’une importance clef pour les chercheurs de la SPR, fut une extension et une élaboration poussée des idées du mouvement mesmérien. Les membres de la SPR, tel que Edmund Gurney (1847-1888), explorèrent ce phénomène à travers des expérimentations en conditions contrôlées et le recueil d’expériences spontanées. Ces dernières consistaient en des expériences visuelles, auditives et somatiques, mais aussi en des impressions et des impulsions sans images, qui correspondaient à des évènements réels ayant lieu à distance. Ces évènements, généralement des formes de crise (accident, mort, etc.) se déroulant chez un membre de la famille de la personne qui fait cette expérience, furent enregistrés et attentivement explorés dans le livre de Gurney, Myers, et Frank Podmore : Phantasm of the Living (1886), le premier travail important des chercheurs de la SPR. L’explication donnée de ces évènements était la télépathie, c’est-à-dire que ces personnes recevaient, sous la forme d’une perception hallucinatoire (mais véridique), un message ou une idée d’une autre personne en crise (cliquez ici).

Certains des chercheurs de la SPR ont également étudié la dissociation et le subconscient, comme dans le fonctionnement des automatismes moteurs, dans les états hypnotiques, et en relation avec les phénomènes psychiques. Frederic W.H.  Myers Le travail de l’érudit Frederic W. H. Myers (1843-1901), photo à gauche, a été particulièrement important à cet égard car il développa un modèle compréhensible de l’esprit subliminal qui inclut les manifestations de la créativité, de l’hypnose, du rêve et des phénomènes comme la télépathie et la médiumnité. (Pour des liens en ligne sur les travaux Myers, cliquez ici, et pour une bibliographie sur Myers cliquez ici).

La mise en place de la recherche psychique a aussi inclus des performances de médiums, dont certaines étaient frauduleuses. (Voyez aussi la section sur la fraude médiumnique et le scepticisme en cliquant dans Liens sur le Spiritualisme et Spiritisme). L’interaction entre les chercheurs et les médiums a été d’une grande utilité pour le développement d’une méthodologie et d’une théorie. (Pour une biographie de chercheurs et de médiums, cliquez ici).

Ce travail a interagi avec des idées provenant de différents domaines, qui en retour, ont produit de nombreuses spéculations sur la nature des phénomènes psychiques (Pour une bibliographie cliquez ici.). Les chercheurs psychiques ont aussi influencé la psychologie et la psychiatrie (cliquez ici). Les travaux de Myers étaient aussi bien influencés par la psychiatrie française, qu’influant sur elle. D’autres, tel que le psychiatre et criminologue Italien Cesare Lombroso (1835-1909), ont combiné une croyance dans la pathologie hystérique avec une croyance dans les manifestations réelles de la médiumnité physique.

D’autres travaux importants furent également menés par des pointures comme le diplomate russe Alexander Aksakow (1832-1903), le philosophe allemand Carl du Prel (1839-1899), l’astronome français Camille Flammarion (1842-1925), le psychologue suisse Théodore Flournoy (1854-1921), le philosophe américain James H. Hyslop (1854-1920), le philosophe et psychologue américain William James (1842-1910), le psychologue et philosophe polonais Julian Ochorowicz (1850-1918), le physiologiste français Charles Richet (1850-1935), le médecin allemand Albert F. von Schrenck-Notzing (1862-1929), et le psychiatre italien Enrico Morselli (1852-1935) (pour des biographies des la plupart de ces hommes, cliquez ici).

Beaucoup de pays européens ont leur propre histoire fascinante (comme l’Autriche et l’Allemagne) et leurs propres organisations, dont certaines perdurent jusqu’au XXIème siècle. Un exemple est l’Institut Métapsychique International en France. Cette organisation a été rendue célèbre par les travaux de Gustave Geley (1865-1924) et d’Eugène Osty (1874-1938).

Tandis que les travaux des individus mentionnés ci-dessus incluaient des expérimentations, celles-ci étaient souvent focalisées sur des occurrences spontanées telles que les apparitions, les perceptions extra-sensorielles, et la médiumnité physique et mentale (cliquez ici). Cela changeât avec les travaux du botaniste Joseph Banks RhineJoseph Banks Rhine (1895 - 1980) est l'un des premiers scientifiques à avoir utilisé des méthodes statistiques pour étudier les perceptions extra-sensorielles et la psychokinèse. Il était professeur à l'Université Duke, à Durham en Caroline du Nord, où la plupart de ses recherches ont été effectuées dans le domaine de la parapsychologie expérimentale. Il est considéré comme le fondateur de la parapsychologie scientifique moderne. (1895-1980).

Couverture du livre ESP

J.B. Rhine, sa femme Louisa E. Rhine (1891-1983), ainsi que d’autres collègues, ont mis en valeur les études expérimentales en laboratoire (Cliquez ici pour des liens en ligne et ici pour une bibliographie). Son travail sur les perceptions extra-sensoriellesConnaissance d’un événement extérieur sans l’intervention des sens connus, ou parfois comportement répondant à cet événement. On distingue la télépathie, la clairvoyance et la précognition. à l’Université de Duke, avec les fameuses cartes ESPPerception extrasensorielle ; connaissance d’un événement extérieur sans l’intervention des sens connus, ou parfois comportement répondant à cet événement., publié dans le classique Extra-sensory Perception (1934), et les études sur la psychokinèseCapacité à influencer mentalement un objet, un processus ou un système sans l’utilisation de mécanismes ou d’énergies connues. On distingue la bio-psychokinèse , la micro-psychokinèse et la macro-psychokinèse . utilisant des dés, ont promu un paradigme des tests expérimentaux basé sur une évaluation statistique des résultats. Après des années de travail, Rhine fut capable d’influencer le domaine au point que la précédente survalorisation de l’intérêt des cas spontanés et des médiums a s’est muée en une emphase expérimentale. La parapsychologie expérimentaleEtude des perceptions extra-sensorielles et de la psychokinèse dans le cadre du laboratoire. domine toujours une grande partie du domaine aujourd’hui.

Le but de cet article n’était ni de fournir un aperçu détaillé, ni d’explorer en détails la scène parapsychologique actuelle (on se réfèrera à des livres tels que Beloff, Irwin et Radin, cliquez ici. Pour plus d’informations, cliquez ici.). Aujourd’hui, beaucoup d’endroits à travers le monde sont impliqués dans le champ de la parapsychologie (Cliquez ici.). Néanmoins, le domaine de la parapsychologieEtude rationnelle et pluridisciplinaire des faits semblant inexplicables dans l'état actuel de nos connaissances, et mettant en jeu directement le psychisme et son interaction avec l'environnement. C’est en 1889 que l’Allemand Max DESSOIR proposa les termes de parapsychologie pour "caractériser toute une région frontière encore inconnue qui sépare les états psychologiques habituels des états pathologiques", et de paraphysique pour désigner des phénomènes objectifs qui paraissent échapper aux lois de la physique classique. On parle plus spécifiquement de parapsychologie expérimentale pour désigner la parapsychologie dans le cadre du laboratoire. est très petit et la parapsychologieEtude rationnelle et pluridisciplinaire des faits semblant inexplicables dans l'état actuel de nos connaissances, et mettant en jeu directement le psychisme et son interaction avec l'environnement. C’est en 1889 que l’Allemand Max DESSOIR proposa les termes de parapsychologie pour "caractériser toute une région frontière encore inconnue qui sépare les états psychologiques habituels des états pathologiques", et de paraphysique pour désigner des phénomènes objectifs qui paraissent échapper aux lois de la physique classique. On parle plus spécifiquement de parapsychologie expérimentale pour désigner la parapsychologie dans le cadre du laboratoire. n’a pas obtenu sa place parmi les sciences comme l’auraient souhaité ses pionniers.


A suivre : Blog #5, Psychologie et ParapsychologieEtude rationnelle et pluridisciplinaire des faits semblant inexplicables dans l'état actuel de nos connaissances, et mettant en jeu directement le psychisme et son interaction avec l'environnement. C’est en 1889 que l’Allemand Max DESSOIR proposa les termes de parapsychologie pour "caractériser toute une région frontière encore inconnue qui sépare les états psychologiques habituels des états pathologiques", et de paraphysique pour désigner des phénomènes objectifs qui paraissent échapper aux lois de la physique classique. On parle plus spécifiquement de parapsychologie expérimentale pour désigner la parapsychologie dans le cadre du laboratoire.