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Les experiences de Robert Morris et Harary sur les OBE

Les experiences de Robert Morris et Harary sur les OBE


Dans les années 70, Robert Morris proposa un dispositif original pour tester dans des conditions scientifiques le témoignage d’un sujet, Stuart Blue Harary, rapportant de fréquentes sorties hors du corps (en anglais, Out of Body Experience). Ces expériences sont-elles uniquement le fruit de l’imagination de celui qui les vit ou bien s’agit-il d’états qui favorisent l’accès à de réelles informations selon des modalités qui demeurent pour l’instant inexpliquées ?

Le protocole

Morris était un ancien collègue de Harary à la Fondation pour La Recherche Psychique, à Durham, Caroline du Nord. Son équipe chercha à évaluer si une expérience de sortie hors du corps telle que Harary prétendait en vivre occasionnellement, pouvait être détectée à distance par l’intermédiaire d’un chaton.

Pour cela, Harary devait d’abord tenter de ressentir les impressions subjectives caractéristiques d’une OBE, c’est-à-dire que le monde venait à lui apparaître alors, comme s’il se trouvait lui-même localisé hors de son corps physique. Remarquons que si de nombreuses personnes affirment l’avoir vécue, l’expérience de hors-corps est encore très mal comprise. La question que se posaient les expérimentateurs était de savoir si le petit chat serait capable de réagir à la présence de Harary durant une de ses OBE. Leur intention était d’obtenir une indication externe, observable, permettant d’objectiver cette OBE. Les résultats expérimentaux furent considérés comme supérieurs à l’attente du hasard, avec une probabilité associée de 1 pour cent.

Le protocole utilisé par Morris fut le suivant. Il posa le chat d’Harary sur une surface quadrillée composée de carrés de 25 cm de côté, puis il enregistra les mouvements du petit félin, relativement aux carrés numérotés. Pendant ce temps, dans un autre bâtiment distant de près de 500 mètres, Harary était étendu, entouré d’un groupe d’appareils destinés à contrôler toute modification physiologique : un EEG mesurant l’activité de ses lobes occipitaux gauche et droit, un EMG relié à son menton, son rythme respiratoire, son volume sanguin, la résistance de sa peau ... tout était enregistré.

A des moments déterminés, Harary tenta d’induire en lui-même l’expérience subjective de hors-corps, et d’aller alors « rendre visite » au chaton afin de le calmer. A d’autres moments, un autre expérimentateur engageait la conversation avec lui, de manière qu’on puisse établir avec netteté les périodes lors desquelles Harary ne pouvait vraiment pas se trouver en OBE, ceci pour fin de contrôle expérimental. Si une horloge synchronisée unifiait la base de temps entre les deux bâtiments, Morris, qui relevait avec attention le comportement du chaton, n’était pas averti lorsque Harary tentait de se mettre en hors—corps.

Les résultats

Lors des phases où Harary prétendit s’être trouvé hors de son corps, le chaton, au comportement habituellement actif, devint significativement plus calme, passant rarement ou pas du tout d’un carré numéroté à un autre. Ce n’était pas le cas lors des périodes de contrôle.

Morris estime que ces résultats expérimentaux significatifs avec une probabilité associée de 1 pour cent suggèrent une interaction psi entre Harary et le petit chat. Des expériences ultérieures, lors desquelles Harary tenta d’influencer un hamster, une gerbille et un serpent, ne conduisirent pas à une mise en évidence significative de l’interaction psi entre Harary et ces animaux. Quand nous lui avons demandé pourquoi l’expérience n’a marché qu’avec le chat, Morris nous a répondu que l’affinité entre Harary et son animal domestique peut en être responsable, car « Harary n’a pas été aussi motivé lorsqu’il s’agissait des autres animaux. » Selon Morris,

« globalement ... il y a une certaine pré- somption de la possibilité du psi chez les animaux, se produisant en gros de la même manière que chez les humains. »

Ne se prononçant pas sur la démonstration expérimentale de la capacité chez Harary de se mettre en hors-corps, Morris se limite à conclure :

« Il y a eu échange d’information. »

Harary, qui a aussi travaillé avec le couple Rhine, William Roll, Karlis Osis et Charles Honorton, demeure convaincu que son petit chat a répondu à un échange d’information, produit alors qu’il était vraiment en hors-corps.

« Subjectivement, cette expérience suggère fortement qu’on se trouve en un endroit extérieur à son corps, affirme-t-il. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu’on soit séparé du corps, mais qu’on le ressent comme tel. Dans cette expérience avec le chat, j’ai vraiment eu l’impression de me trouver à proximite du chat ; j’éprouvai en quelque sorte un sentiment chaleureux d’amour à me trouver tout simplement auprès de mon petit copain, en cet endroit éloigné. »

Harary serait probablement d’accord avec J .B. von Helmont, qui écrivit en 1644 :

« Chaque homme est capable d’influencer son semblable à distance ; mais généralement cette force sommeille en nous, étouffée par le corps. »

Publications scientifiques :

Morris, R.L., Harary, S.B., Janis, J., Hartwell, J.,, & Roll, W.G. (1978). Studies of communication during out-of-body experiences. Journal of the American Society for Psychical Research, (Jan), 72, 1, 1-21.

L’IMI remercie Guy Beney pour son aimable autorisation de publication de cet article publié initiallement, en 1983, dans l’ouvrage "La recherche psi". Le bilan de la Parapsychological Association".

Mots clés associés à cet article : Out of Body Experience (OBE) | Robert Morris |