-  Parapsychologie -  Grands axes de recherche

Protocole d’expérience utilisant des flashs lumineux

Protocole d'expérience utilisant des flashs lumineux


Une expérience particulièrement étonnante, comportant une cible plutôt inhabituelle, impliquerait qu’un sujet peut réagir à des stimulis psi, même s’il n’en est pas conscient. Une expérience sur ce sujet a notamment été conduite au Stanford Research Institute (SRI) par Russel Targ et Harold Puthoff. Ces deux physiciens décidèrent de vérifier si un sujet est ou non capable de manifester une réaction physique inconsciente à des flashs lumineux éblouissants, administrés dans les yeux d’un agent situé dans une autre pièce, en des moments déterminés au hasard.

L’expérience de Puthoff et Targ, utilisant des flashes lumineux aléatoires, a été menée ainsi : après avoir été présenté à l’ agent, le sujet est averti que des flashes lumineux seront administrés à cet agent en des instants choisis au hasard. On lui dit, en outre, qu’il n’aura aucune possibilité de connaître (au moyen de ses cinq sens) les moments où l’agent recevra les flashes. En effet, sujet et agent seront suffisamment isolés l’un de l’autre, pour qu’aucune information parasite ne puisse être perçue par le sujet.

Durant vingt-quatre périodes choisies au hasard, le dispositif d’émission des flashes fonctionna et vint éblouir les yeux de l’ agent. Tout ce que le sujet avait à faire était de se relaxer, tandis que les expérimentateurs enregistraient ses ondes cérébrales au moyen d’un EEG. On avait bien dit au sujet que son esprit conscient n’était pas du tout impliqué, qu’il n’avait pas à deviner le moment d’émission des flashes.

Certaines fois, les expérimentateurs ont aussi employé un signal sonore, pouvant retentir dans chacune des pièces où se trouvaient l’agent et le sujet. On disait au sujet que, lorsque le signal était émis, parfois l’agent recevrait un flash, et parfois non. L’intention était simplement de le prévenir de ce que l’agent pouvait recevoir un flash. Dans une série, le signal fut émis trente-six fois, vingt-quatre fois immédiatement avant le flash, et douze fois, sans qu’un flash s’ensuive.

Le tracé de l’EEG du sujet présenta une différence significative, aux moments où la lumière fut émise dans les yeux de l’ agent, par rapport à ceux où le signal retentissait sans que l’agent fut soumis au flash.

Un curieux incident se produisit une fois. L’expérience comportait sept sous-séries. Les tracés des ondes cérébrales se modifièrent dans toutes, sauf une. Lors de celle-ci, les expérimentateurs avaient dit au sujet qu’il n’y aurait pas d’agent dans l’autre pièce pour recevoir les flashes ; et le tracé des ondes cérébrales du sujet ne montra pas alors de changement significatif durant cette sous-série.

Plus tard, cependant, alors qu’une autre sous-série commençait, un visiteur suggéra aux expérimentateurs de ne pas placer d’agent dans l’autre pièce, ceci sans que le sujet en soit informé. Lors de cette série, la modification des ondes cérébrales fut l’une des plus fortes obtenues, exactement comme si l’agent était encore dans la pièce.

Cela implique qu’un facteur psychologique influençe la modification des ondes cérébrales. En effet, lorsqu’on déclara au sujet qu’il ne se trouverait pas d’ agent, sa réaction au psi fut bloquée ; par contre, lorsqu’il crut qu’un agent était présent, il répondit encore aux flashes, alors qu’il ne se trouvait en fait personne dans la pièce pour les recevoir.

Il y eut un autre résultat intéressant. Dans le cadre de l’expérience, le sujet devait appuyer sur un bouton aux moments correspondant, selon lui, aux émissions de flashes, dans chacun des essais. Une analyse de ses divinations a montré qu’elles ne dépassaient pas l’attente du hasard ; c’est-à-dire que le sujet n’était pas capable de déterminer consciemment s’il se produisait ou non un flash, ni s’il y avait du psi dans ses divinations conscientes. Cela semble vouloir dire que l’influence psi n’a porté que sur ses ondes cérébrales, à un niveau physiologique, situé hors de sa conscience.

Publications scientifiques :

Kawaguchi, T., Jijiwa, H., & Watanabe, S. (1993). The dynamics of phase-relationships of Alpha waves during photic driving. Electroencephalography and Clinical Neurophysiology, 87(3), 88-96.

Radin, D. I. (2003). Thinking outside the box : EEG correlations between isolated human subjects. Proceedings of the Parapsychological Association, 46, 184-199.

Sabell, A., Clarke, C., & Fenwick, P. (2001). Inter-subject EEG correlations at a distance - the transferred potential. Paper presented at the Proceedings of the 44th Annual Convention of the Parapsychological Association, New York.

Targ, R., & Puthoff, H. (1974). Information transmission under conditions of sensory shielding. Nature, 252, 602-607.

Wackermann, J., Seiter, C., Keibel, H., & Walach, H. (2003). Correlations between brain electrical activities of two spatially separated human subjects. Neuroscience Letters, 336, 60-64.

Kittenis M., Caryl P., Stevens P., (2004), Distant psychophysiological interaction effects between related and unrelated participants. Paper presented at the Proceedings of the 47th Annual Convention of the Parapsychological Association.

L’IMI remercie Guy Beney pour son aimable autorisation de publication de cet article publié initiallement, en 1983, dans l’ouvrage "La recherche psi. Le bilan de la Parapsychological Association".

Mots clés associés à cet article : Parapsychologie expérimentale | Psi réceptif |