| LE "PARANORMAL", NOUS N'Y CROYONS PAS. NOUS L'ETUDIONS. |
Activités de l’IMI
Réactions à l’actualité
Les "Eggs" du Global Consciousness Project (GCP) auraient enregistrés des déviations significatives vingt-quatre heures avant la catastrophe sismique déclenchant le tsunami. Le Dr Nelson, chercheur à l’Université de Princeton et responsable du projet, teste l’hypothèse d’un lien entre la déviation enregistrée par le GCP et le tsunami. De plus, des heures avant la catastrophe, des animaux d’espèces variées auraient manifesté des comportements particuliers ce qui leur aurait permis d’échapper à leur tragique destin. Qu’il s’agisse de nouvelles technologies ou simplement de l’instinct, ce qui s’est passé en Asie pose la question de savoir s’il est possible de pressentir et de prévenir de telles catastrophes.
Le GCP, ou Global Consciousness Project (Projet d’étude de la « Conscience Globale »), est né de deux observations. La première est qu’un générateur de nombres aléatoires ( GNA, en anglais RNG, Random Number Generator) placé au milieu d’un groupe de personnes occupées à une même activité pourrait refléter l’attention globale portée par le groupe à cette activité (Nelson, 1980) ; la seconde fait suite à l’idée de radin.html" class="spip_out">Dean Radin, de l’université du Nevada, d’utiliser les GNA pour tester des phénomènes collectifs inconscients à grande échelle par l’intermédiaire du réseau Internet. Ainsi, l’idée du GCP, subventionnée par la fondation américaine Institute of Noetic Sciences, consiste à connecter un nombre important de GNA sur l’ensemble du gl obe, afin de mettre à jour l"éventuel impact d’événements particuliers, considérés comme importants du point de vue de la "psyché collective". Ces GNA fonctionnant en permanence produisent du « hasard programmé » susceptible de voir son cours dérangé par le surgissement d’une émotion - ou d’un pressentiment - collectifs. Ils transfèrent en continu leurs données au Pear Lab de l’université Princeton, chargé des analyses. Une vingtaine d’ordinateurs, déjà en place en Hollande, en Suisse, en Allemagne et aux Etats-Unis, ont permis d’obtenir des résultats très encourageants.
En France, l’Institut Métapsychique International (IMI) dispose de cet appareil depuis fin 1999, et est ainsi l’un des "noeuds" du projet de mesure du flux de la conscience collective (« global consciousness »). En août 2004, l’IMI a soumis un dossier de candidature à la fondation BIAL, qui va financer son projet de recherche en parapsychologie. Le projet CINE-EGG, employant une version miniaturisée et portative de l’"électro-gaia-gramme" (EGG), va passer maintenant à sa phase pratique. L’hypothèse qu’il teste est de savoir si on peut objectiver la fluctuation de l’émotion collective dans un groupe restreint et temporairement réuni pour "vibrer à l’unisson" d’une expérience commune : par exemple, lors de la diffusion d’un film dans une salle de cinéma.
Les EGGs détecteraient régulièrement des célébrations globales énormes, telles que le nouvel an et la remise des oscars, ou des tragédies épiques : les funérailles de Lady Di suivies par des millions de personnes, le 11 septembre 2001, etc. Récemment, le journal anglais du Daily Mail rapporte, le 11/02/05 dans l’article « Can this black box see into the future ? », que ces machines se sont emballées vingt-quatre heures avant le séisme sous-marin déclencheur du tsunami qui dévasta l’Asie du sud-est et troubla la vie d’environ quatre millions de personnes.
Mais R. Nelson nous met en garde : cet article favorable au GCP serait basé sur des incompréhensions et souffrirait d’un problème de licence journalistique. En approfondissant les traitements statistiques, R. Nelson montre qu’en vérité l’hypothèse formelle testée pour le tsunami était positive mais non de manière significative. Les explorations du contexte de cet événement majeur montre qu’il y a un large pic environ vingt-quatre heures avant le séisme principal, et aussi une déviation importante débutant vingt-quatre heures après, ainsi qu’un segment significatif entre les deux, autour du moment du plus important séisme. Mais les résultats sont obtenus par une exploration post facto, et ne peuvent raisonnablement être considérés comme des preuves scientifiques. « J’essaie d’apprendre, dit R. Nelson, et peut-être que s’il y a un futur désastre naturel, je ferais plus attention au temps avant et après le point focal. »
Bien que les résultats des corrélations entre de précédents événements majeurs et les déviations statistiques atteignent un niveau extrêmement significatif, une chance contre un million selon R. Nelson, on est invité à la prudence dans le cas du Tsunami. Les convictions sont difficilement défendables, au vu du principal défaut du GCP qui est l’absence, à l’heure actuelle, d’un modèle théorique permettant d’expliquer les résultats obtenus : après tout, notre monde est plein de guerres, de désastres et d’attentats terroristes, alors en quoi une célébration globale peut-elle vraisemblablement émerger au milieu d’un tel flux de données ? A retenir quand même que les chercheurs dans ce projet ne courent pas après les anomalies : ils préfèrent identifier d’abord les grands événements (« Un million de personnes ou plus sur la même longueur d’onde » nous dit Dean Radin), puis comparer les lectures entre elles. Actuellement, 192 prédictions formelles sont ouvertement soumises à toute interprétation sur le site (http://noosphère.princeton.edu).
« Très souvent, les phénomènes paranormaux s’évaporent si vous les étudiez trop longtemps, dit le physicien bierman.html" class="spip_out">Dick Bierman de l’Université d’Amsterdam, mais ceci ne se produit pas avec le GCP. L’effet est réel. Le seul conflit porte sur sa signification. »
Voilà donc des résultats dont on ignore toujours ce qu’ils détectent et qu’elles peuvent être leurs applications. Il reste d’ailleurs des pointes dans les graphiques qui ne sont associées à aucun événement, ce qui n’empêche pas le GCP d’être une recherche exploratoire légitime. Alors, lorsqu’en plus les données semblent arriver en prévision des événements, les thèses sont nombreuses qui voudraient expliquer ce possible phénomène. Les discussions de ces thèses posent la question de la précognition : cet important corpus de données rendrait compte d’une rétro-influence de certaines variables de l’avenir, et cela peut être mis en lien avec d’autres observations qui attesteraient d’une faculté de pressentiment partagée par les animaux.
A la première page de l’édition du “Monde” du 05/01/05, l’info à chaud montrait que, quelques minutes avant l’arrivée sur les côtes de la vague meurtrière, des larmes coulaient chez certains éléphants, chose que leurs gardiens n’avaient encore jamais vu. Les pachydermes qui n’étaient pas occupés à transporter les touristes sur leur dos ont brisé leurs grosses chaînes pour fuir vers les collines. Un sauve-qui-peut qui leur a sauvé la vie.
Mais la rumeur est en fait générale : le directeur adjoint du ministère de l’Environnement du Sri Lanka, H.D. Ratnayake, déclare à l’agence Internationale de Presse Reuters : « Ce qui est étrange, c’est que nous n’avons trouvé aucun animal mort. Aucun éléphant n’est mort, on n’a même pas retrouvé un cadavre de lièvre ou de lapin. Je pense que les animaux peuvent anticiper ce genre de catastrophe. Ils ont un sixième sens. Ils le savent à l’avance. »
Selon des témoins, les chiens auraient refusé d’aller dehors, les flamands auraient quitté la basse-altitude de leurs domaines de reproduction, les animaux des zoos furent impossibles à extirper des endroits où ils se terraient, et ainsi de suite. Les spécialistes de la vie des animaux sauvages expliquent ces comportements par une meilleure acuité auditive (infra-sons), qui leur permet d’entendre ou de sentir l’approche des désastres dans leur environnement longtemps avant les humains. Pourquoi les sismologues, avec leurs instruments ultrasensibles, ne réussissent pas à capter de telles vibrations susceptibles d’être caractéristiques des tremblements de terre ?
Il y aurait donc une sensibilité propre à toutes les espèces d’animaux mais qui ferait défaut à la plupart des hommes : « A un moment de leur évolution, les hommes avaient également ce sixième sens, commente Alan Rabinowitz, directeur à la Société pour la science, l’exploration et la conservation de la vie sauvage au zoo du Bronx à New-York, mais ils ont perdu cette capacité lorsqu’elle ne fut plus nécessaire ou utilisée. » Cela va dans le sens de ces autres faits, rapportés entres autres dans Science le 18 février : cinq tribus aborigènes « primitives », vivant sur des îles de l’océan indien, ont échappé au tsunami en se réfugiant sur les hauteurs avant l’arrivé des vagues, ou préférant chasser, contrairement à leurs habitudes, les bêtes de la forêt profonde plutôt que les tortues de la plage - pourtant leur met favori. Parmi les explications, on évoque cette « connaissance collective » autour des pratiques divinatoires, cette observation mutuelle avec la nature et sa faune, qui leur auraient permis de repérer les signes de l’arrivée d’un tsunami. D’autres questions sont soulevées par les recherches du Ph.D. Joshua Brown, à la Washington University de St-Louis : tentant de savoir si la zone cérébrale du cortex cingulaire antérieure ne jouerait pas un rôle dans une sensibilité au danger chez l’humain, il reconnaît l’intérêt d’une application pratique de ce système avertisseur.
Cependant, certains sismologues restent sceptiques : d’une part, l’utilité de la sismologie est la « réduction des risques » plutôt que la prédiction de tel ou tel tremblement de terre ; et d’autre part, les enquêtes de l’United States Geological Survey, une agence scientifique gouvernementale proposant des informations géologiques, expliquent que la corrélation entre les tremblements de terre et ces comportements spécifiques d’animaux et d’humains n’a jamais été faîte, et que l’on peut la ramener à un produit de la mémoire sélective et des superstitions.
Erreur ! dirait le biologiste Rupert Sheldrake, qui consacre un chapitre entier de son livre « Ces chiens qui attendent leur maître (et autres pouvoirs inexpliqués des animaux) » (Editions du Rocher, 2001) à l’étude des « prémonitions de tremblements de terre et d’autres catastrophes ». On y apprend que des japonais mènent des études sur les variations du comportement animal avant les séismes, tout comme l’ont fait un temps les scientifiques chinois : une équipe comprenant biologistes, géophysiciens, chimistes, météorologues et biophysiciens fit une enquête dans la zone de Tangshan et dans 400 communes des alentours après le séisme de 1976. A travers des interviews et discussions avec la population locale, ils collectèrent 2000 cas de comportement animal inhabituel avant le séisme. Un rapport préliminaire identifia 58 espèces d’animaux domestiques et sauvages qui avaient montré un comportement inhabituel. Le biologiste a lui-même étudié les événements de Northridge (Californie, 1994) ainsi qu’en Grèce et en Turquie en 1999. « Une relation entre le comportement animal et les tremblements de terre peut être établie, même si toutes les secousses ne génèrent pas un comportement animal inhabituel, comme les Chinois s’en sont aperçu. » Et Sheldrake de poursuivre : « Ces comportements spécifiques d’animaux avant un tremblement de terre sont relevés de manière indépendante partout dans le monde, je ne peux pas croire que ces récits similaires aient pu être inventés. »
La polémique tourne surtout autour de la faculté en jeu : sixième sens normal ou septième sens psi ?
Sheldrake, auteur en 2004 du « 7ème sens » (Editions du Rocher) incline déjà : il fait référence à ce phénomène en émettant l’hypothèse que c’est l’utilisation de facultés psi qui permettaient aux animaux d’éviter certains désastres naturels, et de réagir lorsqu’il y a danger et pas lors de fausses alertes (2001, p.305). Il proposait d’ailleurs dans ce livre de se fier aux animaux pour déterminer à l’avance de telles catastrophes. Les différentes théories actuelles lui paraissant insuffisantes, il plaide, après mûre réflexion, pour la précognition : "La précognition me paraît plus difficile à accepter que la télépathie et j’aurais souhaité pouvoir en faire l’économie... Mais la multitude d’exemples qu’il nous reste encore à examiner rend cependant presque incontournable la notion de précognition ou de pressentiment."
L’exploration méthodique de la nature pourrait continuer à faire progresser l’étude de l’homme et des technologies. Si les EGGs n’alignent pas que des artefacts, et si les pressentiments pragmatiques des animaux se vérifient, nous serons peut-être même en mesure de nous mobiliser à l’approche des prochains désastres. Le Dr Nelson est sur ce point assez optimiste, mais pas pour le court terme : « Nous pouvons peut-être prévoir qu’un événement important va se produire dans le monde. Mais nous ne savons pas exactement ce qui se produira et où cela se fera. En fait, nous n’avons pas obtenu une machine que nous pourrions vendre à la CIA ! »
En réalité, pour le Dr Nelson, parler de telles machines - potentiellement capables de détecter des événements collectifs, traumatiques ou pas - se révèle moins important que les implications de son travail en termes de compréhension de la nature du vivant. Ces expériences pourraient enrichir notre image du monde de nouveaux modes de relations entre les organismes et leurs environnements.
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Commentaires de l’auteur au 10/09/05
Je tiens à signaler qu’il semble y avoir eu une dérive médiatique autour de la mortalité des animaux lors du tsunami du 26 décembre 2004. Un premier communiqué émanant de l’agence de presse britannique Reuters - repris dans cet article - citait le directeur adjoint du Ministère de la faune du Sri Lanka, le D. Ratnayake. Des milliers de sites internet et de journaux s’en sont fait l’écho. Or, un second communiqué, cette fois de l’Associated Press (4 janvier) rapportait qu’en Inde « des milliers d’animaux morts ont été retrouvés sur les plages et que la totalité des animaux du parc naturel de Point Calimere ont probablement péri ». Moins d’une centaine de sites s’en était alors fait l’écho. Cette disproportion médiatique en faveur du paranormal doit attiser notre sens critique. L’anthropologue québécois Daniel Baril nous dit encore : "Puis vint le coup de grâce : le 3 mars, le Daily News du Sri Lanka publie un bilan du directeur général du DCN qui réduit à néant le témoignage de son adjoint Ratnayake de qui origine la rumeur de Yala. On y lit que les rats, les souris, les reptiles, les grenouilles et les lézards ont été « durement touchés » par la vague. « Très peu » de gros animaux ont été tués (donc il y en a eu) mais on ne parle pas du sixième sens. Le parc de Yala est en fait protégé par des dunes : « Les dunes de sable ont efficacement résisté à la force de la vague. N’eut été des dunes, les dommages auraient été beaucoup plus importants. » Au Sri Lanka, la vague n’avait que 5 m, comparativement à 10 et 15 m en Indonésie."
Devant ce manque de fiabilité des médias, et les prises de position forcément contradictoires des uns et des autres, il n’y a pas à conclure qu’il y a eu beaucoup ou très peu d’animaux morts lors du tsunami, surtout dans tel ou tel parc isolé (On peut d’ailleurs penser qu’un parc "naturel" n’offre pas la même mobilité aux espèces animales que leur milieu d’origine). L’article "Pressentir le tsunami" se proposait de reposer une question que de multiples observations viennent appuyer depuis des décennies, mais qui n’en reste pas moins polémique. J’y ai privilégié l’intérêt pratique (rendre possible une meilleure prévention des futures catastrophes en observant également les comportements anormaux des animaux) aux chocs que représente la prémonition animale et humaine pour notre vision du monde.
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Références :
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Nelson, R.D., Bradish, G.J., Dobyns, Y.H., Dunne, B.J. & Jahn, R.G. (1996). FieldREG anomalies in group situations. Journal of Scientific Exploration, 10, 111-141.
Radin, D.& Nelson, R. (1989). Evidence for consciousness-related anomalies in random physical systems. Foundations of Physics, 19, 1499-1514.
Radin, D.I. & Rebman, J.M. (1996). Deep inter- connectedness and group consciousness : exploring the limits of mind-matter interaction. Proceedings of Presented Papers, 39th Annual Convention of the Parapsychological Association, Durham, North Carolina, USA, pp. 219-246.
Sheldrake, R. (2001). Ces chiens qui attendent leurs maîtres (et autres phénomènes inexpliqués des animaux). Editions du Rocher.
Sheldrake, R. (2004). Le septième sens. Editions du Rocher.
Varvoglis, M.P. (2003). GCP vs LCPs : Assessing the existence of local conciousness fields. Abstracts from the 2003 EuroPA meeting, Paris, France.
Varvoglis, M. P.. (1986). Goal-directed and observer-dependent PK : An evaluation of the conformance-behavior model and the observational theories. Journal of the American Society for Psychical Research, 80, 137-162.
Varvoglis, M. P.. & McCarthy, D. J. (1986). Conscious-purposive focus and PK : RNG activity in relation to awareness, task-orientation and feedback. Journal of the American Society for Psychical Research, 80, 1-30.
Sur la survie au tsunami des tribus aborigènes :
http://news-info.wustl.edu/news/page/normal/4767.html ?emailID=0
http://www.gatewayforindia.com/articles/tsunami.htm
http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/south_asia/4181855.stm

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