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Le Modèle de l’Information Pragmatique et les prédictions de RSPK

Le Modèle de l'Information Pragmatique et les prédictions de RSPK
Un article de Walter von Lucadou & Frauke Zaradhnik, présenté lors du congrès de la Parapsychological Association à Vienne, en août 2004


Le Modèle de l’Information Pragmatique tente de théoriser certains phénomènes paranormaux de façon moderne, en rassemblant la physique quantique, la théorie des systèmes, et une longue pratique de parapsychologie en Allemagne. Dans cet article, il est appliqué aux Reccurent Spontaneus Psycho-Kinèse (RSPK) ou poltergeists.

RESUME

Le Modèle de l’Information Pragmatique (MPI) est appliqué au phénomène de RSPK et mène à plusieurs prédictions. La première prédiction est que le phénomène de RSPK montre deux groupes de phénomènes, pouvant être considérés comme des anomalies structurelles et des anomalies fonctionnelles. Le phénomène de RSPK peut être considéré comme une sorte de « réaction psychosomatique externe », exprimant un problème caché, qui ne peut pas être reconnu par les personnes concernées. La seconde prédiction est que le développement des cas de RSPK contient quatre phases, qui sont « la phase de surprise », « la phase de déplacement », « la phase de déclin », « la phase de suppression ». Dans la phase de surprise, l’activité de RSPK débute rapidement avec des effets puissants, mais ceux-ci ne sont pas attribués à la personne focale (*focus person) ; ils sont attribués à la personne centrale lors de la phase de déplacement, où le phénomène change continuellement et de façon imprévisible. Dans la phase de déclin, le « message du poltergeist » est compris et le phénomène est attendu, c’est pourquoi ce dernier disparaît. La phase finale de suppression peut être comprise comme une sorte de réaction de la société. Ces phases peuvent provenir d’une équation fondamentale du MPI, qui décrit le phénomène de RSPK avec les termes complémentaires d’« Autonomie » et « Fiabilité » (du point de vue du système au centre de la RS PK), et « Nouveauté » et « Confirmation » (du point de vue de l’observateur extérieur). La dynamique de la RSPK est décrite comme la dynamique de l’information pragmatique au sein d’un système gigogne créé par les personnes impliquées (personne centrale, observateurs naïfs et observateurs critiques) et par la réaction de la société. La troisième prédiction est que les observateurs peuvent contrôler l’activité RSPK par leur observation ou documentation. Ceci résulte d’une sorte de « relation d’incertitude » du MPI, qui dit que l’impact d’un phénomène est limité par la qualité de la documentation que l’on possède sur lui. Cela vaut également pour les soi-disant expériences par des séances en groupe (*sitter-groups). En s’appuyant sur un seul cas, il fut possible de démontrer que l’approche par la théorie des systèmes du MPI mène à des prédictions différentes de celles de l’interprétation psychologique usuelle en matière d’élusivité du phénomène PK. La quatrième prédiction est que l’on doit s’attendre à deux types de cas de RS PK, respectivement nommés la RSPK active et la RSPK passive.

INTRODUCTION

La plupart des théories observationnelles supposent que la PK ne cause seulement qu’une petite variation des lois physiques et, de ce fait, ne montre que des petits effets. Ainsi, la plupart des théoriciens en parapsychologie ne prennent pas sérieusement en compte le phénomène de RS PK.

A l’inverse de ces théories observationnelles usuelles, le Modèle de l’Information Pragmatique (MPI) ne commence pas au niveau de description de la théorie quantique, mais se place au niveau très général de la théorie des systèmes. Brièvement, cela dit que les phénomènes psi sont des corrélations non-locales dans des systèmes psychophysiques, plutôt que des forces ou des signaux. De telles corrélations non-locales limitent cependant les effets psi aux conditions du système psychophysique, qui sont souvent décrites par la « signification » de la situation, c’est-à-dire par l’information pragmatique (cf. Lucadou 1995a, Lucadou 1995b).

Nous avons montré dans un précédent article que le modèle de l’information pragmatique (MPI) ne limite pas la taille des effets PK, ni ne suppose de fortes variations des lois physiques, et qu’il considère, de surcroît, que la PK n’est pas une force réelle mais une corrélation non-locale. Cependant, la taille d’effet dépend, dans ce modèle, d’une « dimensionnalité » (*dimensionality) de l’ordre temporel de présentation des évènements psychokinétiques (*PK-events) (Lucadou, 2000). Cela veut dire que la structure et la durée d’un cas de RSPK (son histoire), ainsi que le nombre de niveaux hiérarchiques nécessaires à la description de l’organisation d’un système clos, déterminent la taille des effets psi émergents. Pourtant, dans un cas de RS PK, nul ne peut dire grand chose sur sa construction, si ce n’est que tous les cas de RSPK ont leur propre histoire et leur propre développement temporel, d’où on peut supposer que la dimensionnalité sera plus importante comparativement à des expériences contrôlées de PK. Dans cet article, nous allons montrer comment le MPI nous permet de prédire le développement temporel d’un phénomène de RS PK, et d’instruire les personnes concernées sur la manière de gérer ces phénomènes. Dans la pratique du Service de Consultation Parapsychologique de Freiburg, ce modèle a été appliqué à une douzaine de cas avec succès, mais, néanmoins, une évaluation statistique détaillée serait en ligne de mire des recherches futures.

L’objectif de cet article n’est pas de donner une revue complète de la littérature associée aux recherches concernant la RS PK, ce qui peut se trouver dans (Lucadou, 1984) et plus récemment dans (Houran & Lange, 2000), ou avec des améliorations dans (Roll, 2003) [1]. Toutefois, il faut remarquer que dans la littérature américaine sur les recherches en RS PK, l’approche par la théorie des systèmes de la RSPK est presque complètement ignorée, en dépit du fait que la littérature sur la question a été publiée dans des journaux (à comité de lecture) de langue anglaise (voir par exemple : Lucadou, 1983, 1984, 1989, 1991, 1995a,b, 1998, Lucadou & Kornwachs 1980, 1983).

Ici, nous allons d’abord discuter du problème de l’élusivité (*elusiveness) et de la dynamique du phénomène de RS PK, avant de développer les outils théoriques pour le décrire. Afin de montrer que ces outils théoriques sont réellement capables de faire des prédictions pouvant être utilisées pour aider les personnes prises dans des cas de RS PK, nous allons discuter d’un seul cas (une expérience en séance de groupe) où les différences entre notre approche systémique et la psychologie usuelle deviennent évidentes. Finalement, nous décrirons deux types de cas de RS PK. Après tout cela nous pourrons conclure que le MPI est non seulement capable de couvrir l’ensemble des phénomènes psi, mais qu’il peut en particulier décrire d’une façon cohérente leurs dynamiques et leur troublante élusivité.

ELUSIVITE

Quiconque étudie sérieusement un témoignage de psychokinèse spontanée peut difficilement considérer ce phénomène comme une fluctuation aléatoire. Les effets observés semblent massifs et « évidents ». Existe-t-il seulement une chance pour qu’une bibliothèque de 175 kg bouge toute seule de trente centimètres, comme cela a été rapporté dans le cas de Rosenheim ? Ou pour que des pierres aussi larges que des mains volent à travers l’air, comme dans un cas de poltergeist à Frankfurt ?

Néanmoins, nous devons garder ceci en tête : imaginez que quelqu’un vienne avec une télévision couleur conventionnelle à l’époque où l’électromagnétisme fut découvert. Puis imaginez que quelqu’un demande comment cet appareil fonctionne et qu’il reçoive la réponse que cela s’explique par l’effet découvert par Faraday. Probablement que Faraday lui-même aurait trouvé cette réponse ridicule, étant donné qu’il supposait l’effet électromagnétique qu’il avait découvert trop faible pour être un jour utile. Ces faits peuvent servir à la constitution d’une règle, joliment formulée entre autres par le parapsychologue allemand Ulrich Timm (1981) :

Les rapports sur des performances psi extrêmement fortes ou stables contredisent l’expérience générale et nous invitent très probablement à la conclusion qu’au moins une partie d’entres elles sont basées sur l’illusion, l’erreur ou la fraude. Nous ne pouvons cependant prouver que des résultats aussi exceptionnels soient en principe impossibles. Après tout, une règle issue de l’expérience ne mène seulement qu’à des conclusions sur ce qu’est probablement un effet. Ces conclusions peuvent pourtant se révéler fausses dans certains cas. De l’autre côté, la règle d’observance de la critique rationnelle et scientifique peut être très utile dans un espace menaçant constamment cette rationalité. (p. 207)

Dans la pratique, la “règle de Timm” s’est montrée très efficace. A plusieurs reprises, la littérature en parapsychologie a reporté des cas spectaculaires de psi, mais après des enquêtes approfondies, seuls très peu sont restés des faits avérés (cf. Parker, 2002). En soi, ces faits peuvent toujours représenter une anomalie scientifique très intéressante, mais ils se montrent de très loin moins spectaculaires qu’au premier abord. Les cas de poltergeist en sont le meilleur exemple. Très souvent, ces cas laissent l’impression qu’ils se dérobent à l’étude, ce qu’on appelle leur « élusivité ». Peu importe à combien de questions restant sans réponse et à combien de points critiques se confronte le Modèle de l’Information Pragmatique, son adéquation est supportée par le fait qu’il peut décrire plutôt bien l’élusivité du phénomène, au moins qualitativement. Essayons maintenant d’appliquer ce modèle au phénomène de poltergeist.

Si un événement est rare, il est par définition difficile à observer, pour la simple raison qu’on ne peut pas se préparer à le faire, une caractéristique assez prononcée dans les cas de poltergeist. Hans Bender, le père de la recherche allemande sur les poltergeists, a écrit : « Les efforts pour photographier ou filmer un phénomène de poltergeist en action, ou pour enregistrer des bruits sur des cassettes audio, sont gênés par un problème : ces phénomènes semblent se dérober à l’observation critique. L’on peut difficilement fuir l’impression que ces forces intelligentes évitent l’observateur, en produisant une matérialisation exactement à l’endroit qui ne peut pas être enregistré ou photographié. » (Bender, 1952, p.169)

Ailleurs, Bender (1974) décrit un cas typique :

Nous nous sommes fait raconter que des pompiers... furent postés en tant que gardes de la maison de K. L’un deux a observé qu’au moment même où il tournait la tête, un bassin d’eau apparaissait sur le sol de la cuisine. (p. 139)

De nombreux chercheurs ont reporté de telles observations, toutefois, elles semblent sous-représentées dans la littérature. Par exemple, dans une analyse de près de 500 cas, Gauld et Cornell (1978) ne font pas mention du caractère élusif du phénomène de RS PK. Par ailleurs, il n’existe pas une seule photographie ni un seul document vidéo fiable d’un poltergeist « actif » (Parker, 2002). Une explication plausible pour cette irrégularité va être que l’élusivité n’est pas considérée comme une propriété du phénomène mais comme une irrégularité de la documentation, ou une insuffisance des possibilités du chercheur, ou encore comme un problème psychologique général n’ayant rien à faire avec le phénomène physique de RS PK. Cette vision est typique de l’interprétation physicaliste du psi, qui commence par l’hypothèse que les parts psychologiques et physiques du psi peuvent être séparées. [2]

LES DYNAMIQUES DE RSPK

A côté de l’élusivité du phénomène de poltergeist, il y a une série d’autres patterns récurrents que l’on peut trouver dans la littérature sur les phénomènes parapsychologiques (Huesmann et Schriever, 1989). Essentiellement, ils réfèrent aux bruits inexplicables, aux objets bougeant suivant d’étranges motifs, aux objets disparaissant et revenant dans des lieux clos ou des récipients fermés, etc. Beaucoup de ces événements semblent reliés dans le temps et l’espace à un adolescent, l’« agent du poltergeist » ou « personne focale ». Les événements montrent également des patterns temporels spécifiques. Généralement, leur mise en route est complètement inattendue et ils se développent dramatiquement. Aussi longtemps que ceux qui sont impliqués croient que les phénomènes ont des causes externes, une farce, un court-circuit, un tuyau qui fuit... les phénomènes deviennent plus forts, et croissent dans une véritable démonstration. Les personnes impliquées ne se sentent plus en sécurité et tentent de trouver une assistance extérieure, par exemple celle de la police, des pompiers, ou celle d’institutions qui proposent une assistance technique.

De cette façon, le phénomène attire largement l’attention. Dans beaucoup de cas, il y a nombre de témoins respectables, fiables et indépendants, qui se sentent complètement dépourvus face aux causes du phénomène. Nous appelons cela la « phase de surprise ». Elle est suivie par les premières intuitions concernant l’aspect surnaturel des événements. En effet, les médias, comme les journaux, les radios et les télévisions le montrent. Dépendamment du cadre socio-culturel, les phénomènes sont attribués aux fantômes, aux esprits, aux décédés, aux sorcières, aux poltergeists ou aux pouvoirs parapsychologiques. C’est seulement lors de cette interrogation que les parapsychologues ont une possibilité d’intervenir. Souvent, la première phase d’intuitions a déjà attribué les phénomènes à une ou plusieurs personnes, et a assemblé déconvenue, anxiété et curiosité : c’est la « phase de déplacement ». Durant cette phase, l’interprétation du phénomène ira des sources extérieures aux sources internes. Le même déplacement prendra place dans les phénomènes eux-mêmes. De nouveaux types d’événements se manifesteront, remplaçant ceux qui seraient devenus familiers. La situation a beau avoir dégénérée, le pire est encore à venir. Les journalistes affamés de sensationnel, les « parapsychologues auto-proclamés » et les « exorcistes » viennent tourmenter les personnes impliquées. A la curiosité externe s’additionne une pression à son comble pour la reproduction des phénomènes toujours affirmés par les témoins initiaux. Plus la pression s’intensifie - parfois rehaussée par l’entrée en scène des parapsychologues - moins les phénomènes se produisent. La « phase de déclin » a commencé. Beaucoup de ceux qui attendaient des effets sensationnels sont déçus et partent. Assez souvent, la personne qui avait évoqué les événements est trouvée en train de faire des manipulations ou des fraudes durant cette phase. Dans une communication personnelle, Bender fit remarquer que, selon son expérience, cette phase mène à des manipulations dans la plupart des cas, ou du moins qu’on ne peut les exclure, spécialement parce que le phénomène se produit rarement, dans des situations confuses ou dans les environs de la personne évoquée. Le déclin est suivi de la phase finale d’un cas de poltergeist : la « phase de suppression ». La fraude est plus ou moins ouvertement discutée, les personnes et les témoins impliqués sont souvent ridiculisés et discriminés dans les médias de masse, les témoins peuvent même renier (en partie) leurs premières déclarations, et on publie des articles qui désamorcent l’histoire. Le procès de la suppression sociale commence : une « conspiration pour tout camoufler », comme Fanny Moser (1977, p.30) l’a énoncée.

Dans une tentative pour décrire les aspects psychologiques du phénomène de poltergeist, il est extrêmement important, ainsi que Bender le souligna fortement, de considérer la possibilité que quelqu’un est en train de jouer des tours, avec un caractère agressif, régressif et souvent atavique. Dans ce contexte, l’investigation psychodiagnostique de l’agent est intéressante. Le psychologue Johannes Mischo (1970) de Freiburg reporta un nombre de caractéristiques communes aux agents de RS PK : conflits actuels, labilité psychologique, courte et intense irritabilités, et un faible niveau de tolérance aux évènements frustrants. Bender pointa régulièrement le fait que le phénomène de poltergeist doit être compris comme un appel à l’aide inconscient. Le grand avantage d’une approche par la théorie des systèmes est qu’il n’est plus nécessaire de vérifier immédiatement la réalité de chaque phénomène, parce que les interactions essentielles entre ceux qui sont impliqués dans le phénomène et leurs observateurs n’ont pas besoin d’être paranormales. Il est par exemple inutile d’organiser une chasse après chaque vol de pierre afin de calculer sa trajectoire. Bien plus importante est la signification de l’événement pouvant incorporer aussi bien des effets normaux que paranormaux.

LA CONSTRUCTION D’UN CAS SYNTHETIQUE DE RSPK

La figure 1 représente un modèle simplifié des cas de poltergeist, un système hiérarchiquement interconnecté de sous-systèmes fermés organisationnellement. Chacun d’eux échange des informations pragmatiques (=significatives) avec le sous-système qu’il contient.

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Modele_hierarchique_RSPK

Fig. 1 Modèle hiérarchique de poltergeist

Les différents hiérarchies de sous-systèmes gigognes décrivent la trajectoire de l’action de RSPK qui est employée par la personne focale vers différents observateurs puis finalement vers la société. Néanmoins, son information pragmatique est lancée dans les deux directions, parce que et la société et chaque observateur « préparent » le système observé. L’équation (1) peut être considérée comme la description fondamentale du système RS PK. [3]

F * A = C * N = C’ * N’ < I (1)

F est une mesure de la « fiabilité » (Reliabilität) du phénomène observé ;

A est une mesure de l’ « autonomie » (Autonomie) du système-RS PK ;

C est une mesure de la « confirmation » (Bestätigung) donnée par chaque observation ;

N est une mesure de la « nouveauté » (Erstmaligkeit) de l’observation.

Cette équation fondamentale décrit l’action appliquée par l’information pragmatique sur un système. Etant donné que F et A ou C et N sont des paires correspondantes de données observables complémentaires, avant qu’une "mesure" ne soit effectuée, rien ne peut être dit sur la partition de l’information pragmatique externe I en termes de fiabilité F et d’autonomie A réparties tout d’abord « à l’intérieur » du système.

A partir de l’équation (1), on peut conclure que toute part d’information pragmatique I qui interagit avec un système produit également de l’information pragmatique, mais avec une nouvelle répartition de la nouveauté N et de la confirmation C pouvant être interprétée comme la « réaction » du (sous-)système. C’est pourquoi il est important de spécifier le sous-système, ou pour être plus précis, « la frontière du sous-système » (pour des détails, voir Lucadou 1983, 1995). Les quatre phases de RSPK émergent de la dynamique de répartition de N et C. Pour « construire » le poltergeist idéal avec les concepts de ce modèle, nous commençons par l’agent du poltergeist.

Phase 1 : “ Surprise”

L’agent se bat avec sa puberté, une phase difficile de la vie, et tente de communiquer les problèmes qui y sont associés à son environnement (appel au secours inconscient !). L’information pragmatique à l’intérieur de son message va seulement avoir un effet s’il réussit à équilibrer nouveauté N et confirmation C de telle manière qu’il attire à lui l’attention nécessaire. Si nous faisons l’hypothèse que l’environnement des proches et des parents reste sourd et aveugle (s’ils réagissaient convenablement, son appel au secours ne serait pas nécessaire), l’agent peut consciemment ou inconsciemment choisir de rehausser la nouveauté de son message. Il peut avoir expérimenté qu’un nombre de demandes d’aides sérieuses (confirmation) ne marchent pas du tout. Comme il est généralement connu que la nouveauté attire l’attention, elle est maintenant absolument nécessaire. Un tour subtil ou une plaisanterie pratique, au même titre qu’un effet PK, sont très efficaces pour ce qui est d’attirer l’attention de l’environnement, comme le démontre clairement la phase de surprise dans le cas du poltergeist. C’est vraiment comme si un continuum existait entre de « pures » blagues et des poltergeists « réels », utilisés par des jeunes de cet âge qui demandent de l’attention. Les farces ne sont aucunement moins importantes ou plus inoffensives, mais les parapsychologues ne les prennent généralement pas en compte. Lorsqu’il trompe son environnement ou use de psychokinèse, l’agent peut être assuré que tous les yeux vont être sur lui (ou le phénomène) pendant la phase de surprise (cf. figure 2). Mais est-ce que l’environnement comprend son appel au secours ? Les observateurs naïfs cherchent toutes les causes possibles pour « expliquer l’inexplicable », mais ils ne reconnaissent pas sa signification.

L’exemple typique est un cas de poltergeist en Allemagne (Lucadou, 1981). Jour après jour, un grand nombre de pierres volaient dans une maison appartenant à une famille d’immigrants italiens. Résultat : une maison largement démolie, sans qu’aucun suspect puisse être trouvé. Le père, un homme de grande taille, était très effrayé et croyait que des esprits causaient le phénomène. Quand l’un des auteurs tenta de recueillir plus d’information au poste de police, on lui raconta que le cas avait été résolu. Un officier de police avait pris position dans le couloir de la maison pour observer l’arrivée des pierres. Les trois enfants de la famille étaient dans la chambre d’enfant au bout du couloir, tandis que la porte de leur chambre était resté entrouverte. L’officier s’assit avec le dos tourné vers la porte. Une pierre arriva de la chambre des enfants et passa près de sa tête. Bien qu’il ne vit aucun des enfants lancer la pierre, personne d’autre ne pouvait l’avoir fait. Donc, conclut la police, le cas de poltergeist avait été résolu de manière satisfaisante. Quand l’officier de police fut interrogé pour savoir s’il considérait comme un comportement normal, pour des enfants, de démolir leur propre maison en lançant des pierres, il resta quelque peu sidéré.

Assez paradoxalement, la probabilité pour que l’environnement comprenne finalement ce qu’il en retourne est plus forte dans les cas de fraudes. Dès que les observateurs découvrent celui qui leur jouait des tours, il y a au moins la possibilité pour qu’on se demande pourquoi l’« agent du poltergeist » a agi ainsi. Dans les cas de « vrai » poltergeist, cette possibilité est initialement négligée, parce qu’on essaye de localiser la source des événements dans une direction plutôt différente, comme dans des dysfonctionnements techniques, des esprits ou des voisins énervés, pendant que tout le monde ferme les yeux sur le message réel. Ceci permet au poltergeist de continuer encore et encore, à la fois nourri et perturbé par l’attitude des badauds dans l’environnement. Dans cette phase, l’élusivité du poltergeist est déjà apparente. Evidemment, les gens désirent voir des événements. Il y a d’ailleurs des effets, mais toujours à l’endroit où nul ne les attendait, autrement il n’y aurait pas de nouveauté. Pourtant à la fin, le jeu de l’élusivité et du flux continu d’information pragmatique mène à la compréhension du rôle de « centre du cyclone » joué par une personne spécifique.

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modele_dynamique_RSPK

Fig. 2 Les quatre phases de l’activité de RS PK : les dynamiques de la RSPK résultent de la complémentarité de l’autonomie A et de la fiabilité F du système, respectivement de la nouveauté N et de la confirmation C des observations. Le « message » subconscient de la personne focale s’exprime dans l’action sur le système, mais l’« information pragmatique » I est limitée. Cela mène à un changement continu et finalement à la disparition du phénomène RSPK ( élusivité). Les « observateurs critiques » et la société exercent aussi quelque action (c’est-à-dire l’information pragmatique I’ and I’’) sur le système de RS PK, dans le but d’« éliminer » l’anomalie. Les quatre phases se nomment : Phase de surprise, phase de déplacement, phase de déclin, et phase de suppression.

Phase 2 : “Déplacement”

Après ce changement de comportement, la seconde phase commence. Un départ est donné par les observateurs naïfs et la personne sur laquelle ils focalisent leur attention sur la base d’une nouvelle clôture organisationnelle. Ils joignent leurs forces et établissent un groupe restreint de ceux qui ont déjà eu affaire à des effets inexplicables, seulement pour se trouver désormais confrontés avec l’incrédulité et les questions intransigeantes des observateurs critiques, comme les journalistes et les parapsychologues. Ici, Il faudrait remarquer que les observateurs naïfs ne sont pas nécessairement non-critiques, tout comme les observateurs critiques peuvent croire au psi. Durant cette phase, la personne centrale, qui a été très souvent isolée avant cela, devient souvent le centre de l’attention du groupe social auquel elle adressait son appel au secours. En pratique, cette personne est considérée comme spéciale : un médium qui a un contact personnel avec le monde des esprits, une sorcière ou une personne possédant des dons paranormaux. Cela servirait son but, si ce n’était la présence des observateurs critiques dans ses environs, qui exercent une énorme pression et attendent d’elle qu’elle produise des effets. Supposons que la nouvelle clôture organisationnelle réussisse à fournir de l’information pragmatique à ces observateurs critiques. (Le message se lit : Je suis quelque chose de spécial !) Même si c’est le cas, cela ne va pas générer suffisamment de nouveauté, puisque les observateurs critiques ne peuvent pas en tirer en quantité suffisante, nonobstant, dans l’acceptation faîte de notre modèle, ils préparent (dans le sens du terme « préparation » utilisé en physique quantique) tout de même le système du fait de leur observation.

Phase 3 : “Déclin”

Ils décrivent le système parce qu’ils veulent documenter le phénomène de manière fiable et au-delà du doute. Pour atteindre cet objectif, le système doit se préparer en conséquence. Actuellement, pour faire cela, nous utilisons des appareils d’enregistrement vidéo et audio, des questionnaires de personnalité et les tests du Rorschach. Est-ce ensuite un miracle si l’autonomie du système disparaît et qu’il ne peut plus y avoir aucune chute de nouveauté qui puisse être interprété comme du psi ? En d’autres termes : si C augmente, N doit décliner puisque N*C < I et I est limité.

Néanmoins, les observateurs critiques sont toujours intéressés par le phénomène (souvent moins que les personnes impliquées). On ne peut alors exclure que ces observateurs travaillent aussi à expérimenter quelque chose de la nouveauté originelle. Cela ressemble plus à un phénomène produit pour eux, pensé certainement sans mauvaises intentions. Le résultat peut régulièrement représenter une entreprise commune du groupe pris comme un tout. La justification morale remarquablement simple pour de telles manipulations est souvent le fait que ceux qui sont impliqués savent ce qui s’est « réellement » passé, et n’hésite pas à prendre parti pour les phénomènes, afin de leur donner un coup de pouce. Parmi les membres du groupe, la nette distinction que fait le scientiste entre simulation et réalité pourra ne pas être aussi importante que prévue. Pour cette raison, le parapsychologue qui utilise cette méthode de l’observation participante, en elle-même très acceptable, devra être très prudent.

Cependant, dans beaucoup de cas, il est trop tard pour agir ainsi durant la phase de déclin, puisqu’un autre niveau permanent du système s’est actualisé. Ce dernier représente la frontière entre, d’une part, la clôture organisationnelle du système de ceux qui sont intéressés par le phénomène du poltergeist, et, d’autre part, la société en général.

Phase 4 : « Suppression »

La phase de suppression et de déni a commencé. Ni la société ni les institutions gouvernementales n’aiment beaucoup l’anarchie des cas de poltergeist. Leur objectif est de commander (ou gouverner) des systèmes fiables. Un poltergeist est en fait un exemple très banal de l’effet de « préparation » de la société. La psychologie sociale appelle cet effet « perception sociale ». Les expériences montrent que cette pression mise par la société peut altérer la manière dont un individu membre de la société perçoit un phénomène particulier. On peut ainsi mener quelqu’un à « voir un U quand il y a un X ». Ce n’est, après tout, pas une coïncidence si (au moins en Allemagne) les juristes, les employés en médecine légale et les officiers de police, etc., ressentent le besoin d’éradiquer complètement la parapsychologie.

Durée et structure de la RSPK à la lumière du MPI

Selon le Modèle de l’Information Pragmatique, les composants de l’information pragmatique dans les cas de poltergeist sont alternativement déterminés par deux buts. Le premier est la finalité interne du système organisationnellement clos, qui est de produire un effet sur la société. Le second est la finalité externe de la société, qui est de préparer le système organisationnellement clos. La finalité interne affecte la combinaison de la nouveauté et de la confirmation, alors que la préparation du système par l’extérieur a un effet sur l’autonomie et la fiabilité du système. Seuls les systèmes autonomes peuvent produire de la nouveauté, un composant nécessaire pour qu’un phénomène puisse être évalué comme anomale ou psychique. Pour préserver néanmoins l’autonomie du système, on ne devrait pas le préparer de manière à ce que toute chose soit déterminée. Le système peut seulement « agir comme il lui plaît » aussi longtemps que personne ne l’observe avec une grande attention. Un système prédéterminé perd son autonomie, et, subséquemment, il perd aussi son habileté à être unique. Pour cette raison, un poltergeist capable de produire de la « psychokinèse récurrente et spontanée » de manière fiable durant une période étendue, doit être vraiment très « fort ». Cette conclusion correspond habilement à la « règle de Timm » éprouvée expérimentalement.

La structure de la RSPK est gouvernée par une hypothèse fondamentale du MPI, laquelle suggère que la complémentarité de l’autonomie et de la fiabilité provient d’une complémentarité encore plus fondamentale, celle de la structure et de la fonction. Nous pouvons presque dire que toutes les choses susceptibles d’être décrites sont décrites selon ces catégories. La proéminence d’un ou de l’autre aspect dépend de l’auteur du système.

Pour exemple, prenons la description d’un récepteur radio. Pour l’usager, une description générale de ses fonctions peut suffire. Il veut seulement savoir à quoi l’appareil sert, comment le mettre en marche, comment trouver une station particulière et ainsi de suite. Il est surtout intéressé par la fonction du récepteur. Aussi longtemps que celui-ci marche, l’usager ne s’occupe pas de la mécanique interne de l’équipement. Toutefois, si celui-ci tombait en panne, l’usager pourrait développer un intérêt soudain pour la structure interne. Le réparateur ne peut pas travailler sans la description du câblage électronique présent dans l’appareil - une description structurale de la plus grande précision possible - qui lui permet de restaurer le fonctionnement normal du récepteur. Le réparateur a également besoin de savoir quels changements furent observés dans les comportements de la machine, comment elle dysfonctionne. Le propriétaire doit être capable d’annoncer au technicien quelles fonctions ne marchent pas comme elles le devraient. Une fois que ces deux catégories de description se croisent, le système est décrit de manière optimale. Nous avons probablement tous désigné un jour une pièce défectueuse à un réparateur : lorsque le technicien la démonte et la rassemble, aucun défaut n’est plus visible, mais personne ne peut dire pourquoi. En général, le changement dans le fonctionnement d’un système - un fonctionnement défectueux - est perçu comme quelque chose d’unique. Soudainement, l’appareil « ne marche plus comme il devrait ». Toutefois, si nous nous sommes en mesure d’attribuer le fonctionnement changé à une structure du système changée, après un certain temps, nous trouvons une confirmation, parce que la nouvelle « configuration du système » ne change plus. Supposons qu’un des tubes dans le récepteur a fondu. Dans le cas où la structure du système a changé, il ne produit que cette confirmation que « ça ne marche plus du tout ». Cela prouve que les changements fonctionnels et structurels sont liés, et que les concepts de nouveauté et de confirmation, et par conséquent ceux d’autonomie et de fiabilité, le sont également. L’un des principes premiers de la théorie des systèmes soutient que ces catégories de description ne représentent pas simplement les propriétés d’un système pouvant être décrites (une perception du monde), mais qu’elles représentent le système lui-même.

Dans les cas de poltergeist, on peut tester empiriquement cette hypothèse. Si la structure et la fonction sont simplement les catégories de l’observateur, on peut s’attendre à les trouver en quantités différentes dans les témoignages de témoins de cas de poltergeist. Si nous combinons (statistiquement) tous les rapports des différents témoignages, les différences insignifiantes entre les rapports devraient disparaître. A la longue, on devrait par conséquent rendre visibles les caractéristiques du poltergeist lui-même (La même chose arrive quand l’officier de police tente de reconstituer les causes d’un accident en interviewant différents témoins, chacun d’eux ayant son propre point de vue.).

Une analyse récente des témoignages sur les cas de poltergeist a en fait démontré que ces témoignages contenaient deux facteurs, qui peuvent s’appeler « structure » et « comportement ». Ces facteurs persistent encore si on prend la moyenne de plusieurs observateurs d’un seul cas de poltergeist. Ce résultat nous enseigne que la structure et la fonction sont réellement deux catégories du poltergeist lui-même, bien qu’elles appartiennent simplement à ses observateurs. L’hypothèse du Modèle de l’Information Pragmatique fût bâtie avant que l’expérience commence, et les deux psychologues chargés des recherches, Monika Huesmann et Friederike Schriever (1989), n’était pas au courant de celui-ci. Pour cette raison, ils ne peuvent pas avoir adapté l’interprétation de leurs résultats pour qu’ils conviennent à cette hypothèse. De plus, ils développent une procédure objective par laquelle les témoignages de plus de soixante cas furent partagés en parties (soi-disant items), puis analysés par une procédure statistique (analyse de facteur et de groupe). Cette analyse dégagea les deux facteurs de base discutés auparavant, qui furent prédit par le modèle. Cela nous amène à conclure que le Modèle de l’Information Pragmatique est entre autres capable de prédire les aspects d’un « phénomène de macro-PK », en songeant que ces conclusions ont plus une nature qualitative que quantitative. Cela nous en apprend plus sur les limites ou les restrictions du phénomène que sur sa force.

L’ELUSIVITE EST-ELLE UN EFFET PSYCHOLOGIQUE OU SYSTEMIQUE ?

Il semble logique d’étendre les découvertes du MPI par-delà les limites de l’effet psi expérimental ou du phénomène de poltergeist, vers d’autres situations ayant à voir avec la macro-psychokinèse qualitative. En agissant ainsi, nous trouvons que le modèle n’a guère à être effrayé des pièces sombres de l’époque des médiums à effets physiques. De surcroît, nous pouvons trouver qu’une autre des prédictions du MPI peut être testé empiriquement, à savoir une sorte de « relation d’incertitude » entre la « taille d’effet du phénomène » et la « qualité de sa documentation ».

Taille d’effet d’un phénomène psi * Qualité de sa documentation < I (2)

Selon le MPI, cette équation est valable pour tous les types (expérimentaux, RS PK, séances en groupe) d’authentiques effets psi. Toutefois, en général, il est très difficile de distinguer entre leur interprétation psychologique courante et l’interprétation systémique du MPI. Par chance, au moyen d’un seul cas d’une expérience faîte en séances de groupe, cette importante distinction peut être démontrée. (Cela va sans dire que les recherches doivent être poursuites. Bien que dans la pratique du Service de Consultation Parapsychologique de Freiburg, nous avons utilisé ce modèle théorique pour une douzaine de cas avec de remarquables succès.) [4]

Le psychologue anglais Ken Batcheldor (1979) a développé un modèle psychologique, qui pourrait expliquer pourquoi les phénomènes observés par les participants à une séance de groupe sont tellement plus puissants que les résultats expérimentaux obtenus avec un seul sujet. Le modèle de Batcheldor suggère l’existence de deux facteurs inhibiteurs, qui stoppent généralement les habilités psychokinétiques des personnes. Le premier est notre propre résistance, notre peur de posséder des pouvoirs psychokinétiques. Le second facteur est l’inhibition due aux témoins, la peur d’être témoin d’un phénomène paranormal. Batcheldor supposa que même si les gens ignorent ces peurs, elles peuvent quand même jouer un rôle, ce qui veut dire que si quelqu’un est convaincu n’être dérangé par aucune d’elles, elles peuvent quand même être actives subconsciemment. Même les parapsychologues sont atteints par ces peurs, et plus encore les sceptiques. Il semble assez évident qu’une telle caractéristique orientée psychanalytiquement aboutirait au danger d’une auto-immunisation - une hypothèse non-falsifiable -, particulièrement si elle est utilisée pour expliquer l’absence d’un effet.

Le principal objectif du modèle de Batcheldor était d’étudier sous quelles circonstances ces deux mécanismes défensifs pouvaient être mis hors tension. Selon ses nombreuses expériences, une des meilleures conditions est la technique de la séance en groupe, puisqu’elle ressemble à la séance médiumnique classique, donnée souvent sans médium professionnel, et n’employant pas nécessairement l’idéologie du spiritisme. Selon Batcheldor, cette technique débarrasse chacun des participants du fardeau de sa responsabilité personnelle envers le phénomène. Chacun des participants peut toujours se sentir comme un observateur relativement non-impliqué. En d’autres termes, ce n’est pas lui, mais les autres participants qui produisent le phénomène. En outre, les possibilités d’observer des effets dans un groupe ne sont d’aucune manière aussi bonnes que beaucoup semblent le croire. Après tout, les participants doivent passer par la création d’une atmosphère relaxante et enjouée. C’est particulièrement le cas pour les séances dans la pénombre ou sous la lumière rouge. Dans de nombreux cas, un faiseur de tours est choisi au préalable pour simuler les « phénomènes » et déclencher le véritable événement. Nul besoin de dire que cela a l’air suspicieux. D’un autre côté, cela peut aider à réduire l’inhibition devant témoin en face des autres participants, parce qu’ils ne savent pas pour certains s’ils regardent seulement un tour ou un phénomène paranormal. Il est bien clair que la disposition expérimentale ne peut jamais offrir l’opportunité de distinguer les tours des phénomènes réels. D’un point de vue psychologique, c’est très intéressant de noter que l’idéologie spirite peut aussi contribuer à l’élimination des mécanismes de défense psychologique. Si les participants sont convaincus que les esprits des décédés produisent les phénomènes, ils ne se sentent pas responsable pour les phénomènes et leurs origines. Cela ressemble aux cas de phénomènes spontanés, où les prétendus esprits et démons peuvent servir à supprimer les problèmes réels.

On peut même combiner la technique de Batcheldor de la séance de groupe avec une histoire spirite produit expérimentalement, pour produire des résultats fantastiques. Un groupe autour du parapsychologue canadien Iris Owen fit une telle expérience, dans laquelle les participants ont « construit » délibérément un esprit artificiel. Pour ceci, ils ont inventé une histoire tragique-romantique d’un noble anglais du nom de Philip, qui habitait dans le milieu du 17ème siècle en Angleterre. Les détails de l’histoire furent élaborés soigneusement. En même temps, le groupe fit toutefois attention de prévenir toute ressemblance avec une entité ayant existée dans l’histoire. Le noble fictif Philip tomba amoureux d’un gitane, Margo, mais ne put pas assumer les conséquences de cette romance, et finalement se suicida. Depuis lors, il est un esprit, et il fut invoqué durant la séance pseudo-spirite canadienne. Et en effet, il se présenta, produisant des rapts sur la table, et démontrant finalement le large spectre des manifestations spirites. L’expérience complète a été décrite dans un livre intéressant « Philip, le Fantôme » (« Conjuring up Philip »), par Iris Owen et Margaret Sparrow (1976). Le livre démontrait clairement que les phénomènes spirites peuvent également être produits par des « pseudo-esprits » inventés. A cet égard, c’est une impressionnante illustration du modèle de Batcheldor.

D’un autre côté, il y a des observations qui ne s’intègrent pas volontiers dans le modèle de Batcheldor, lequel tient principalement pour responsable de l’élusivité des phénomènes de l’époque des médiums des facteurs psychologiques. Si seuls les facteurs psychologiques pouvaient être tenus pour responsable de l’évitement du phénomène paranormal, il devrait suffire d’éliminer ces facteurs. D’ailleurs, beaucoup de parapsychologues s’accordent pour dire que l’élusivité du phénomène n’est seulement qu’un « irritant sous-produit » de conditions psychologiques non-favorables, qui devraient être éliminées. C’est pourquoi les auteurs des rapports négligent souvent et simplement la remarquable élusivité, qui conditionne l’interrogation du lecteur stupéfait : pourquoi de tels phénomènes massifs ne sont pas « correctement » étudiés avec tous les équipements techniques des sciences expérimentales ? Dès qu’un tel lecteur exige des réponses plus précises, il est informé que le phénomène se comporte d’une manière élusive, et qu’il est extrêmement difficile à objectiver correctement. Après plusieurs années d’effort, Batcheldor n’a pas entre ses mains une seule vidéo enregistrant un phénomène paranormal. Dans une lettre à un des auteurs, Batcheldor (1985) décrit une situation typique :

Pendant une expérience, nous sommes passés en caméra infra-rouge quand la table lévita. Alors que nous pensions que l’enregistrement vidéo était en marche, nous ne nous sommes pas sentis inhibés et j’ai cru que nous avions accompli un succès. Cependant, lorsque nous rejouions la cassette, elle ne contenait aucune image ! Nous avons trouvé un bouton qui était dans la mauvaise position. La fois suivante, je contrôlai prudemment la position de tous les boutons et, alors, la table refusa de léviter. Serait-il possible, selon votre théorie, d’acquérir une vidéo détaillée enregistrant une lévitation ?

Selon le Modèle de l’Information Pragmatique, nous devons nous faire à l’idée que l’effet psi reste élusif même quand les barrières psychologiques ont été éliminées, parce que chaque observation recherchant la confirmation prépare le système de manière à ce que son autonomie soit restreinte. Dans la situation décrite par Batcheldor, les conditions psychologiques sont en fait favorables et la lévitation est observée. Personne n’avait connaissance de l’erreur au niveau du bouton mal disposé, et il est difficile de comprendre pourquoi après la correction de la mésaventure, la situation psychologique aurait changé si dramatiquement. Cependant, selon notre modèle, la position du bouton, qui n’est d’aucune importance pour la situation psychologique, est en fait d’une importance fondamentale pour le cours des événements. Grâce au dispositif erroné, la totalité du système était objectivement incapable de faire un enregistrement du phénomène. En d’autres termes, n’importe quelle mesure ou enregistrement était impossible. Le phénomène pouvait seulement se produire parce qu’il n’était pas complètement objectivable. Un enregistrement vidéo complet devrait comprendre plus d’information pragmatique que le système n’en pouvait produire. L’expérience subjective des participants est, d’autre part, assez « diffuse » pour enregistrer les informations moins volumineuses et moins fiables du phénomène. La situation resta vague, le système n’étant pas complètement préparé pour la fiabilité.

La confirmation de l’actuel phénomène par l’intermédiaire d’un enregistrement vidéo vient à manquer. En replaçant le bouton, la structure du système complet est altérée à tel point que le phénomène ne peut pas se produire. La modification d’un appareil de mesure additionnel changea le potentiel du système d’une façon telle que les mesures particulières (complémentaires) furent empêchées. Cela va sans dire que tout ceci ne signifie pas que le Modèle de l’Information Pragmatique considère comme impossible une observation objective d’un phénomène psi. Cela devrait représenter une immunisation inadmissible. On pourrait résumer cela comme suit : moins d’équipement pourrait avoir produit plus de phénomènes ! Il est nécessaire d’adapter les conditions objectives d’observation au phénomène, de façon à ce qu’il soit permis à l’observateur de recueillir l’information pragmatique optimum que le système est capable de délivrer. Sans cette adaptation, on gâche l’information. Si aucun phénomène n’intervient lorsqu’un enregistrement vidéo complet est fait, c’est qu’apparemment trop d’information est demandée au phénomène : il ne se produit plus du tout. Si, de l’autre côté, une séance dans la pénombre empêche l’observateur de séparer les tours et les phénomènes réels, alors il a aussi gâché trop d’information, parce qu’il ne sait pas ce qu’il a observé. Quelle est la voie royale entre le Scylla de l’observation et la Charybde d’un phénomène sans observation ?

En réponse à la lettre de Batcheldor, il fut suggéré de réduire la résolution de la méthode d’observation, c’est-à-dire de rendre la caméra vidéo plus floue, ou de limiter la documentation seulement à des cassettes audio. En ce sens, « moins » pourrait véritablement être « plus », parce que nous pouvons obtenir un enregistrement objectif du phénomène, qui pourrait être moins facile à interpréter qu’une documentation parfaite puisqu’elle contiendrait des lacunes. Ce sont exactement les résultats ambigus d’une méthode imparfaite d’enregistrement. Supposons que seuls des bruits aient été enregistrés, auquel cas les causes de ces bruits ne seraient pas claires. Si une caméra n’est pas nette, cela réduit la possibilité de déterminer l’emplacement exact de n’importe quel phénomène. Nous ne disons pas que les lacunes dans la procédure de documentation devraient permettre des manipulations et des fraudes dans la pièce (par exemple parce qu’on ne peut dès lors plus voir les fils utilisés pour la tricherie). Elles devront plutôt empêcher que le système ne soit trop unilatéralement préparé à la fiabilité, de sorte qu’il perdrait son autonomie. Cette méthode d’enregistrement réduit l’information pragmatique et offre à l’expérimentateur quelques opportunités d’utiliser le phénomène dans le sens d’un transfert de signaux. Il a seulement un degré limité de contrôle sur le système. Comme l’enregistrement ne nous apprend pas exactement ce qui se passe dans le système, il ne pourra se charger d’aucunes actions orientées. D’un côté, nous sommes familiers avec cette connexion depuis l’époque des médiums physiques, mais maintenant c’est interprété d’une façon complètement différente. Les pionniers de l’époque trouvèrent déjà que les phénomènes « craignaient la lumière du jour » et étaient produits seulement dans l’obscurité ou sous la lumière rouge. Pourtant, de leur point de vue, ce qui pouvait être attribué au danger représenté par la lumière pour une substance « fragile », existait en tant que condition nécessaire pour que le phénomène arrive. La substance aurait été détruite par la lumière du jour. Batcheldor écrit également qu’il pouvait souvent faire un enregistrement audio de ses expériences, mais qu’aucun phénomène ne se produisit quand l’enregistrement vidéo était actif.

Dans les expériences réalisées par Batcheldor peu avant sa mort, il essaya d’utiliser les observations avec plusieurs degrés de résolution. Il décrivit des sessions dans l’obscurité en utilisant un panneau fluorescent en arrière-fond, en face duquel « des vêtements pouvaient se matérialiser dans l’air ». Comme le prédisait notre hypothèse, en face d’un panneau avec une grille de points fluorescents, les objets matérialisés (ou quoi qu’ils furent) restèrent visibles plus longtemps qu’en face d’un panneau complètement couvert de peinture fluorescente. Dans de rares cas, les vidéos (infrarouges) réussirent à enregistrer l’événement. Dans ces cas, les objets lévités étaient toujours dans une telle position qu’il était impossible de décider s’ils avaient vraiment lévités ou s’ils étaient tenus en face de la caméra. Batcheldor insista sur l’idée qu’il aurait été très difficile pour les participants de manipuler les objets dans ces positions spécifiques, puisqu’ils ignoraient quel champ visuel était couvert par la caméra, qui n’était pas équipée d’un viseur. Ces manipulateurs auraient, par conséquent, été facilement détectés. L’impression de Batcheldor est que le système complet « savait exactement ce qui était enregistré par la caméra et ne pouvait enregistrer un phénomène seulement si sa cause restait cachée dans l’ombre, de sorte qu’il fut impossible de décider si on avait affaire à un événement normal ou « paranormal ». C’est exactement la même chose que de n’être pas capable d’interpréter l’enregistrement vidéo. Il contient moins d’information pragmatique et empêche l’expérimentateur d’avoir un contrôle complet sur le système ou de le rendre fiable.

La discussion de l’approche de Batcheldor à la lumière du MPI montre que la notion d’un « contrôle » (plus ou moins complet) est un important problème pour la structure et la limitation des phénomènes de PK. De nouveau, cette caractéristique se présente aussi dans les cas de RS PK.

DEUX TYPES DE PHENOMENE RSPK ATTENDUS

omme nous l’avons discuté à propos des phénomènes de RS PK, ceux-ci sont principalement une action subconsciente d’une personne centrale, qui peut être comparée à une réaction psychosomatique dans son environnement. Toutefois, nous avons trouvé quelques cas au service de consultation parapsychologique qui dévient de cette hypothèse (Il serait bon dans les recherches futures de collecter systématiquement de tels cas, et d’en donner une analyse statistique ; ici, nous discutons de ce problème afin de compléter le MPI.).

Quelques personnes souffrent d’activités de RS PK, mais aucun problème subconscient ne semble présent. Ce n’est pourtant guère un critère difficile, parce qu’on ne peut jamais garantir que cette présomption est justifiée. Mais le modèle peut facilement recouvrir de tels cas.

Dans ces cas, la personne centrale semble beaucoup plus passive ; par exemple, c’est très souvent une personne qui souffre d’une dépression et n’est capable d’aucun contrôle sur sa vie et encore moins sur son environnement. Cela contraste avec la personne centrale d’une RSPK active, qui donne l’impression d’être une cocotte-minute, prête à exploser, et avec qui le phénomène est juste un signe de cette « explosion ». La personne passive semble à l’opposé.

Cette caractéristique peut être incluse dans notre modèle en usant du concept de « contrôle de système ». Le contrôle de système décrit comment un système clos organisationnellement s’auto-contrôle grâce à son interaction avec l’environnement. Dans le cas actif, la personne focale sert de « maître » au cycle de contrôle et l’environnement d’« esclave ». Dans le cas passif, c’est l’inverse : la personne focale ne contrôle rien et n’arrive pas non plus à stabiliser son monde. En contraste, la personne focale active va aller jusqu’à sur-contrôler son environnement, ce qui mène à des fluctuations aléatoires macroscopiques, c’est-à-dire le phénomène de RS PK.

Nous faisons l’hypothèse que tout le monde, dans des circonstances normales, contrôle subconsciemment son environnement en vue de le stabiliser. Cela veut dire que les fluctuations aléatoires qui sont trop grandes sont supprimées. Cela se voit, par exemple, dans les expériences de séances de groupe et dans beaucoup d’expériences de PK, avec des sujets qui ne dévient pas de la chance mais ont néanmoins une variance plus petite. Cela signifie que les systèmes naturels eux-mêmes, « quoi qu’ils veuillent dire », peuvent produire de grandes fluctuations s’ils ne sont pas observés (En physique quantique, cela est connu comme le « effet quantique de Zéno » : une casserole observée ne bout jamais.). C’est une hypothèse fondamentale dans le Modèle de l’Information Pragmatique que de dire que l’observation et également la non-observation sont des préparations différentes du système. Cette idée peut aussi se retrouver dans les témoignages folkloriques, où les événements qui donnent la chair de poule semblent arriver seulement aux endroits non-observés, comme par exemple, dans ces maisons où personne ne vit, et qui s’effondrent plus rapidement que si elles étaient habitées.

De ce point de vue, on peut supposer que dans le cas d’une dépression, la personne perd de plus en plus le contrôle sur l’environnement clos organisationnellement, ce qui se voit dans les fluctuations à l’intérieur de l’environnement. Cela signifie que le pouvoir intégrateur, qui maintient uni tout le système, ne peut pas supprimer les fluctuations individuelles à l’intérieur du système qui risquent pourtant de le détruire. Dans ce cas, on s’attend à ce que cela arrive seulement à une certaine période, juste avant que l’ensemble du système ne s’éteigne. Dans de tels cas, nous n’avons pas réellement de phase de déplacement, mais seulement une phase de déclin et parfois la phase de suppression n’est pas nécessaire. La phase de déclin n’est pas guidée par la tentative de production du phénomène mais simplement par l’épuisement. Par conséquent, le cas de RSPK active peut être considéré comme une réaction immunitaire du système entier, causée par un problème inconscient qui agit comme un virus, alors que le phénomène de RSPK passive doit être considéré comme une maladie, qui mène à la désintégration du système.

En termes cliniques, la RSPK active peut être considérée comme un phénomène de dissociation [5] tandis que le phénomène de RSPK passive montre les phénomènes de dépression et de dégénération. Cela va exactement dans le sens de l’hypothèse du Modèle de l’Information Pragmatique, qui pense que les phénomènes psi sont corrélés avec les changements temporels de la complexité, et non avec la complexité elle-même.

CONCLUSIONS

Les exemples discutés ci-dessus montrent qu’il n’y a pas énormément de différences entre les phénomènes produits par les médiums à effets physiques et par le phénomène de poltergeist si nous les considérons au sein du MPI. Ces deux types de phénomènes sont difficiles à observer, et ils dépendent de la préparation du système. Il y a également des aspects communs dans leur description psychologique. Dans les deux cas, il y a un processus dynamique au sein d’un groupe dans lequel l’interaction entre les membres est d’une importance fondamentale, souvent mal prise en compte dans les cas de poltergeist.

Qu’il soit bien clair que nous sommes encore très loin d’être capable de dire quel phénomène dans le champ de la macro-PK est possible ou impossible, ou de conclure sur leurs raisons d’être tels qu’ils sont et pas différemment. Nous n’avons simplement pas d’indice pour nous dire quelle puissance les « fluctuations stochastiques » d’un système peuvent atteindre, et pourquoi elles semblent souvent si bizarres. Après tout, un tel groupe représente un système avec un immense degré d’enchevêtrement et qui comprend plusieurs niveaux de description. Même si les expériences contrôlées de PK avec des générateurs aléatoires produisent des résultats si petits qu’ils sont difficilement détectables, la PK n’a nul besoin d’être petite également dans la vraie vie. Une expérience contrôlée représente une situation très artificielle, plus ou moins stérile, n’offrant aucune opportunité de faire des conclusions directes, comme cela se passe dans la vie quotidienne. Dans l’expérience EPR aussi, la différence entre la théorie classique (invalide) et la théorie (correcte) de la description par la mécanique quantique peut seulement se détecter par l’intermédiaire de mesures techniques compliquées dans une situation très artificielle. Cependant, les effets concrets de la physique quantique n’ont pas seulement guidé notre technologie moderne, mais bien tous les phénomènes dans la nature qui ne pouvaient pas être décrits si la physique classique se révélait universellement valide. Une fois que nous avons accepté que le langage descriptif de la psychologie est aussi d’une « nature non-classique », alors beaucoup d’évènements simples à première vue se présentent soudain un peu différemment. Il me semble que nous sommes encore à des années-lumières d’une réelle compréhension des mystères dissimulés derrière les poltergeists et les médiums à effets physiques.

Néanmoins, le Modèle de l’Information Pragmatique semble apporter quelques concepts avec lesquels on peut formuler des hypothèses expérimentales pouvant être en principe falsifiées. Quand on montrera que les phénomènes psi ne souffrent pas des limitations discutées au-dessus (niant l’existence d’une action PK délibérée et répétable), le modèle pourra clairement être falsifié. De plus, le MPI ne nous permet pas seulement d’intégrer des champs très différents de la parapsychologie, mais il a déjà réalisé des prédictions nettement définies, sans la nécessité de nous restreindre à des concepts vides comme le psi. Il n’y a que des « mots vides », comme Hans Bender avait l’habitude de dire. Dans la plupart des cas, ils représentent plus notre désespoir que notre compréhension.


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Adresse pour la correspondance : Walter von Lucadou, Parapsychologische Beratungsstelle der WGFP, Hildastr. 64, D-79102 Freiburg i.Br., Germany. E-mail : info@parapsychologische-beratungsstelle.de

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Nous attirons l’attention des lecteurs sur le fait que cette traduction en langue française n’a pas été effectuée par un traducteur professionel. Par conséquent, nous conseillons aux chercheurs intéréssés par ce travail de se référer à la version originale disponible à cette adresse :

http://www.parapsych.org/papers/09.pdf

[1] Il semble que W. G. Roll ait « activement » ignoré l’approche par la théorie des systèmes. Il cite (dans Houran et Lange 2000) presque toute la littérature germanique sur le sujet, à la remarquable exception de tous les articles pertinents usant de la théorie des systèmes.

[2] Quand bien même le problème de l’élusivité est parvenu à l’attention de certains chercheurs en sciences psychiques, il n’a pas été regardé comme une allusion à la nature systémique du psi. Cela peut se voir dans le travail de Kennedy (2001), qui inclut cet aspect seulement après que Bierman (2002) fasse appel à lui (cf. Kennedy, 2003).

[3] Selon notre avis, il n’est pas nécessaire de donner l’opérationnalisation explicite des variables décrites. Dans le contexte du MPI, F, A, C, N et les opérateurs ^, < servent de méta-observables ou de méta-opérateurs, c’est-à-dire qu’ils peuvent être opérationnalisés dans n’importe quel système de plusieurs façons. L’opérationnalisation dépend de la spécificité de la situation sous enquête. (Par ailleurs : F et A peuvent être mesurés par la fréquence d’attribution du phénomène à des « déficiences techniques » (F) ou aux fantômes (A) par les observateurs. C’est justement l’avantage de l’approche systémique.)

[4] L’objectif de l’approche thérapeutique est bien sûr de révéler le problème inconscient de la personne focale, mais pourtant, une intervention immédiate est parfois si urgente que nous recommandons aux personnes concernées d’installer une caméra vidéo qui est capable d’« observer » toute la pièce, et la caméra elle-même dans un miroir. Avec une telle installation, le phénomène de RSPK disparaît immédiatement au moins dans cette pièce « devant l’étonnement incrédule des personnes impliquées » (voir plus loin).

[5] Après des années au Parapsychologische Beratungsstelle de Freiburg, nous avons au moins collecté des preuves empiriques sérieuses sur le fait que la personne focale d’une RSPK montre un haut degré de dissociation de personnalité (trouble mental).


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