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Réactions à l’actualité
Nous aborderons ici les trois pages consacrées au psi par Maxi dans la semaine du 25 mai, et pour lequel le journal a contacté l’Institut. C’est l’occasion de noter une fois de plus que la presse ne paraît pouvoir chercher que les gros effets. La nuance, la précision, les disctictions un peu poussées sont apparemment impossibles. Faire court et faire vite, entraînent-ils fatalement à schématiser ? A la parution, l’entretien a considérablement retreci et a été, de plus, litéralement recomposé. Mystères insondables de la presse. Nous donnons ci-dessous l’article tel qu’il aurait pu être publié.
Les recherches sur l’ESP [voir encadré] sont menées soit avec des « sujets psi », soit avec des « personnes ordinaires ». Par exemple : un ordinateur « choisit », de façon aléatoire, une image, tandis que dans une autre pièce, quatre images apparaissent à l’écran d’un autre l’ordinateur : le sujet installé en face doit cliquer sur celle qu’il « ressent » être la bonne. Si le traitement statistique des résultats, impliquant des centaines de tels essais, montre que les phénomènes étudiés ne sont pas dus au hasard, les scientifiques ne sont pas encore parvenus à élaborer une théorie permettant de les expliquer. La « théorie ondulatoire », qui proposait de les attribuer aux ondes électro-magnétiques émises par notre cerveau a été abandonnée ; d’autres hypothèses sont actuellement à l’étude.
En revanche, on connaît bien désormais les conditions qui favorisent la télépathie, les précognitions ou la clairvoyance :
certains types de personnalités : les gens qui fonctionnent « au feeling » (à l’intuition), ceux qui sont plutôt extravertis, les « créatifs » (artistes,...), et ceux qui croient à la réalité du psi,
dans la télépathie, l’existence de liens affectifs forts entre des personnes concernées, et l’imminence d’un danger,
un certain état de conscience, le « lâcher-prise », qui favorise l’émergence d’informations venant de l’inconscient - d’où l’utilisation de la technique du ganzfeld lors des expériences.
Aux Etats-Unis, où j’ai été formé, mais aussi en Allemagne, en Hollande, ou en Angleterre, les recherches sur le paranormal ont leur place dans les universités, et elles font l’objet de publications et des débats scientifiques. En effet, elles posent des questions fondamentales scientifiquement.
Par exemple : aujourd’hui, on considère que la conscience, la pensée, est produite par l’activité du cerveau, à partir des informations sur le monde extérieur qui lui parviennent par nos cinq sens. Soit. Mais avec la télépathie ou la clairvoyance, cette idée semble fortement mise en question. Une personne est à 500 km de moi, je ne la vois ni ne l’entends, je ne peux pas la toucher, la sentir... mais je vais brusquement savoir, par exemple, qu’elle vient d’avoir un accident de voiture. Etant donné qu’on constate des tels phénomènes, même sous les conditions controllées du laboratoire, il faut admettre que le modèle actuel du fonctionnement du cerveau est loin d’etre complet ! Notre « moi » est-il donc réellement contenu dans les limites d’un corps, à partir du moment que notre vécu intime est percu par une autre personne, à distance ?
Le psi remet également en cause la conception du temps qui prévaut dans le domaine de la physique. Pour cette dernière, la « flèche du temps » est unidirectionnelle : on va du passé vers le futur, mais on ne peut pas circuler dans l’autre sens. Qu’en est-il alors des précognitions ?
Nous ne sommes pas les seuls à nous interroger sur la nature de l’esprit humain, le temps, ou, plus fondamentalement, les rapports entre l’esprit et la matière. En physique quantique, qui étudie l’infiniment petit, ou en neurobiologie, certains chercheurs se posent des questions très similaires. La difficulté réside dans le fait que, pour comprendre, qu’il nous faut de nouvelles théories... Mais c’est aussi tout l’intérêt, et c’est ainsi que la science progresse !

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