-  L’institut -  80 ans d’histoire -  Les grands moments de la métapsychique à l’IMI

Franek Kluski

Franek Kluski

Par l’équipe de l’IMI

Le physicien, prestidigitateur et métapsychiste Robert Tocquet a qualifié Kluski de « géant de la médiumnité ». A l’époque des expériences menées à l’Institut métapsychique, en 1920, Kluski a 47 ans...

C’est un homme de taille moyenne, affable, cultivé, polyglotte même, qui exerce une profession libérale et, à ses heures perdues, est écrivain et poète. Au plan de la personnalité, il est nerveux, hyper émotif, mais il ne présente pas de tare organique particulière. Ses dons semblent héréditaires, comme c’est parfois le cas, et se sont manifestés, dès l’enfance, par une tendance à la rêverie éveillée qui pouvait conduire à des visions. Mais c’est pendant l’hiver 1918-1919 que ses dons médiumniques se manifestent avec une vigueur inhabituelle. Les dons en question seront étudiés en Pologne, puis en France, à l’Institut métapsychique, au cours d’une suite de séances menées par Charles Richet, A. de Gramont, et le docteur Geley.

Ces séances se sont déroulées pendant l’automne 1920 au laboratoire de l’Institut métapsychique, avec un résultat de 3 échecs pour 11 succès. On parvint notamment à y obtenir des moulages de mains d’ectoplasmes. Ces expériences sont si surprenantes, et en même temps si méconnues, qu’il faut en rappeler les points essentiels.

La séance habituelle se passe en lumière rouge. Le médium reste toujours rigoureusement immobile, contrairement à d’autres, ce qui facilite le travail des contrôleurs, qui lui tiennent vigoureusement les mains avec mission de ne jamais les lâcher. Le médium sombre rapidement dans un état de demi-transe, parfois de transe profonde. On voit alors se former autour de lui des lueurs phosphorescentes, qui semblent être le premier stade de la matérialisation de la « substance », laquelle peut prendre une forme d’apparence liquide, voire même, plus rarement, solide. Ainsi, lors de la séance du 14 novembre, une main paraît sortir des flancs du médium. Ce sont ces prolongements apparemment matériels que l’équipe de Geley va s’efforcer d’objectiver. Pour cela, on adopte le dispositif suivant : à proximité du médium, on dispose un baquet d’eau chaude sur lequel flotte une pellicule de paraffine fondue. Quand l’entité se matérialise, on lui demande de plonger sa main, son pied, ou une partie de son visage dans le baquet. Il se forme alors aussitôt un moule de paraffine qui durcit rapidement au contact de l’air ou de l’eau froide qui se trouve dans un baquet voisin. Puis, le « membre » ectoplasmique se désintègre, et laisse une espèce de gant très fragile à partir duquel seront obtenus des moulages.

En tout, l’opération réussira 9 fois, entre le 8 novembre et le 31 décembre 1920. Ce qu’il importe de souligner, sans pouvoir entrer dans des détails techniques (que l’on trouvera dans le n°1 de la Revue métapsychique), c’est que le dispositif employé, de même que la structure et l’extrême fragilité du gant, rendaient impossible toute supercherie. Le docteur Geley eut ainsi l’idée d’amener avec lui du cholestérol, qu’il jeta au dernier moment dans la paraffine fondue, et l’analyse montra que le gant produit par l’ectoplasme contenait bien la substance chimique en question. S’il s’agissait d’un tour de prestidigitation, cela voulait dire que le médium avait eu connaissance de la précaution cachée prise par Geley. Jusqu’à ce jour, ces expériences de moulages ont résisté à toute critique sérieuse. L’Institut est toujours aujourd’hui en possession de ces moulages.


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