-  Parapsychologie -  Grands axes de recherche

Des rêves devenus réalité

Des rêves devenus réalité


Les expériences sur le rêve télépathique du Maimonides Hospital sont parmi les plus célèbres expériences de parapsychologie. Cet article retrace rapidement cette aventure, et un article de Montague Ullman permet une vue plus précise de la mise en oeuvre des expériences et de leurs résultats.

Le test précognitif conçu par l’équipe du Maimonides, à l’intention de Malcolm Bessent demandait à ce sujet de rêver d’un événement qui lui arriverait le lendemain et qui, alors, ne pouvait pas être prévisible. Autrement dit, on lui demandait de faire un rêve précognitif. Cette expérience reposait sur la théorie selon laquelle les sujets ont plus de chances de recevoir une information psi si le contenu de cette information présente, de quelque manière, une stimulation affective. Stimulés par cette théorie, les expérimentateurs du Maimonides firent de remarquables progrès dans leur intention de rendre aussi prégnante que possible la situation multisensorielle que Bessent devait essayer de prédire dans ses rêves, avant de la vivre le lendemain. La même théorie est sous-jacente à l’expérience de l’Institut Stanford, décrite au chapitre 5, lors de laquelle la cible consistait en des flashes éblouissants, projetés sur les yeux de l’ agent.

La base de la procédure expérimentale était très simple. Bessent dormait dans le laboratoire de rêves du Maimonides. Ses ondes cérébrales et ses mouvements oculaires rapides étaient enregistrés. On le réveillait à l’issue de chaque période de rêve (détectée par des tracés particuliers d’ondes cérébrales et par des mouvements oculaires rapides) ; son évocation du contenu de ses rêves était alors enregistrée.

Au matin, après l’éveil de Bessent, un assistant de recherche n’ayant pas connaissance du contenu des rêves recueillis dans la nuit, sélectionnait un mot clé par un procédé aléatoire, à partir d’une liste de thèmes apparaissant fréquemment dans les rêves. L’assistant choisissait alors une gravure (dans un ensemble de plusieurs centaines) qui représentait le mot sélectionné. Son travail consistait à créer un environnement multisensoriel, destiné à faire ressentir par Bessent la gravure choisie, au moyen de sons, de goûts, d’odeurs, de sensations tactiles et d’éléments visuels.

L’élément clé de cette expérience était que Bessent baignait réellement dans une atmosphère affective ment stimulante, en rapport avec la gravure, ceci dans le but de voir si l’impact émotionnel de cet environnement était ou non capable d’augmenter la justesse précognitive de ses rêves.

L’expérience fut répétée huit fois, avec pour cible une gravure différente à chaque essai. Puis on demanda à des juges indépendants de tenter de deviner à chaque fois quelle transcription des rêves de Bessent effectuée la nuit précédente correspondait à quelle gravure placée dans un lot. Les juges parvinrent à associer avec justesse cinq des huit descriptions de rêves, à la bonne gravure, ce qui conduisit à une probabilité associée de 1 pour 5000.

Donnons pour exemple d’atmosphère affectivement stimulante, produite par l’assistant, celle nommée « Parka-Hood » . L’une des gravures choisies montrait un chasseur de phoques esquimau, vêtu d’un parka. Manifestement, le thème central de la gravure était le froid. Dans le but d’aider Bessent à ressentir ce thème aussi intensément que possible, l’assistant le plaça entre deux ventilateurs électriques, fit dégouliner des glaçons dans son dos et lui plongea la main dans l’eau glacée. D’après les expérimentateurs, en faisant subir à Bessent une telle épreuve multisensorielle, ses capacités potentielles de précognition s’en trouveraient améliorées.

L’IMI remercie Guy Beney pour son aimable autorisation de publication de cet article publié initiallement, en 1983, dans l’ouvrage "La recherche psi. Le bilan de la Parapsychological Association".

Mots clés associés à cet article :