Recherche survivaliste

Quelles sont les frontières de la recherche psychique ? Quels prétendus phénomènes « paranormaux » concernent la parapsychologie et lesquels ne le font pas ?
La plupart des chercheurs en sciences psychiques excluraient aisément les OVNIs, la cryptozoologie, l’astrologie, la numérologie, etc., des préoccupations de la parapsychologie. Les “frontières” du domaine sont toutefois moins évidentes lorsque se pose la question de la survie après la mort - à savoir si certains aspects de l’esprit humain continuent à exister au-delà de la mort du corps.
D’un côté, il y a peu de doute sur les liens historiques entre la question “survivaliste” et, pour ainsi dire, la recherche sur la télépathie ou la psychokinèse. En effet, la recherche psychique est née en partie de l’intérêt pour les phénomènes associés aux “cercles spirites” - l’apparente communication avec des entités désincarnées (soi-disant par télépathie) ou des phénomènes psychokinétiques à grande échelle (représentés comme l’action des esprits dans le monde physique).
D’un autre côté, la plupart des chercheurs en recherche psychique manifestent peu d’intérêt professionnel dans la question de la survie au sens général - ou les phénomènes qui lui sont associés : informations “transportées” par des médiums, des apparitions, la Trans-Communication Instrumentale, les OBE, la photographie spirite, les enquêtes sur la réincarnation, les EMI (Expériences de Mort Imminente), etc. Pourquoi ? A chaque fois les études dans ces domaines ont été mis au second plan de travaux psychologiques, médicaux ou neurologiques (une tendance qui est particulièrement évidente avec les EMI et les OBE), ou parce que ces études peuvent être réduites par les explications par le “psi vivant” - par exemple, les communications médiumniques peuvent être vues comme une forme de clairvoyance ou de télépathie. Ainsi, hormis quelques exceptions remarquables (par exemple, Ian Stevenson et Erlendur Haraldsson, qui ont étudié des enfants rapportant des souvenirs de “vies antérieures”), il est clair que la recherche sur le problème de la survivance est sur le déclin depuis plusieurs décades.
Bien évidemment, la question est de savoir si cette orientation est justifiée. Est-il vrai que toutes les preuves citées en faveur de l’hypothèse de la survie sont réductibles par les modèles psychologiques ou neurologiques, voire, au moins, aux explications par le psi vivant ? Alors que cet énoncé est le point de vue “orthodoxe”, certains pensent que la perte de vitesse de la recherche survivaliste reflète plus des aspects sociaux, culturels et politiques, que la présence d’arguments scientifiques substantiels : la recherche sur la question de la survie est essentiellement trop “risquée” pour la plupart des scientifiques, étant trop éloignée des conceptions contemporaines de la conscience.
Alors que l’IMI n’a pas de position “officielle” sur le problème de la survie, son histoire depuis les années 1930 penche en faveur d’une identification avec la perspective “orthodoxe”, qui défend si besoin des explications par le psi vivant plutôt que des positions survivalistes. Néanmoins, il semble important d’accorder plus d’attention aux points de vue survivalistes et à cette recherche, cela pour deux raisons. Premièrement, un examen prudent de certains cas suggère que les modèles psychologiques ou fondés sur le psi vivant ne sont pas complètement satisfaisants ; on peut dire que le débat reste ouvert sur ces cas-là. Deuxièmement, même si le phénomène exploré par les “survivalistes” se révèle finalement n’être que du psi vivant, on doit admettre que l’approche des survivalistes est originale, voire marginale par rapport à la recherche psi classique. Les parapsychologues peuvent ainsi bénéficier de l’étude des outils survivalistes et de leurs préoccupations, et donc apprendre d’eux.
Par conséquent, nous créons cette rubrique à part sur le site pour présenter les études actuelles de phénomènes associés traditionnellement avec le survivalisme, ainsi que des débats concernant ces approches. De toute évidence, les positions qui y seront exprimées représentent seulement celles des auteurs des articles, et non celle de l’IMI.


Introduction to IMI’s approach of survivalist research (JPEG)

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Parapsychologists, Survivalists, Spiritualists : Convergences and Divergences (JPEG)

From the outset of its history, the domain of psychical research has been characterized by three schools of thought, which diverge in terms of aspirations, basic ontological assumptions, epistemology, research programs, data reported and conclusions drawn.

The survivalist approach focuses on ideas, experiences, surveys and data suggesting the autonomous existence of the soul, and its post-mortem survival ; in some versions, it also explores the idea that spirits of the deceased can communicate with the living, through mediums or through various technical systems.

The parapsychological approach underscores experiences, experiments and data suggesting that living human beings, and more generally, biological organisms, possess means of perception, communication and action that go far beyond those described by current physics and biology. However it is not assumed that these « nonlocal » forms of interaction point to post-mortem survival or even to the independence of mind from biology.

Finally, the skeptical approach - when organized into a specific research programme - focuses on « normal » explanations for all apparently « paranormal » experiences ; it seeks to systematically demonstrate that any data suggestive of survival, or of living-psi, can - indeed must - be accounted for through error, misinterpretations, fraud, unintentional actions, data selection, erroneous data analyses, and so forth.

My focus in this paper will be on the common ground between survivalists and parapsychologists, as well as their divergences, from historical, epistemological and social perspectives. In particular, the main focus will be on the spiritualist version of survivalism, which seems particularly difficult to reconcile with parapsychological approaches. Finally, I will be mentioning some of the issues that need to be resolved, for a rapprochement to take place.


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